Véronique Courjault "n'est pas un monstre"

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Véronique Courjault "n'est pas un monstre"
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A quelques heures du verdict, la défense a demandé une "condamnation d'espoir, pas de désespoir".

"Cette femme a commis une faute, un crime, mais ce n'est pas un monstre. C'est une femme qui souffre", a lancé, la voix brisée par l'émotion, Henri Leclerc, l'un des avocats de Véronique Courjault, jeudi, au dernier jour de son procès.

Blouse à carreaux bleu marine et blanc, traits tirés, queue de cheval, Véronique Courjault est restée très attentive lors des plaidoiries de ses trois avocats."Depuis le premier jour, je sais que vous allez la condamner. La peine que vous devez donner est strictement et évidemment nécessaire. Donnez une condamnation d'espoir, pas de désespoir", a ajouté Me Leclerc. "Je voudrais qu'elle sorte, qu'est-ce que vous avez à craindre? Elle n'est pas dangereuse", a-t-il poursuivi.

L'avocat général a requis 10 ans de prison, mercredi, à l'encontre de Véronique Courjault, jugée depuis le 9 juin devant la Cour d'assises d'Indre-et-Loire pour trois infanticides entre 1999 et 2003 et qui encourt la réclusion criminelle à perpétuité. "Ne diabolisez pas Véronique Courjault, mais n'en faites pas une icône non plus", a demandé Philippe Varin. Le verdict sera rendu jeudi en soirée.

L'accusée, âgée de 41 ans, est restée impassible à l'annonce des réquisitions. Marc Morin, avocat de Jean-Louis Courjault, partie civile au dossier, avait auparavant plaidé la clémence du jury pour "un couple en reconstruction" : "n'oubliez pas que le malheur a été immense pour tous et demandez-vous si vous voulez ajouter du malheur au malheur." Une peine de dix ans, "c'est peut-être un petit peu trop", a commenté Maître Pascale Brémant, avocate qui représente les deux fils du couple Courjault, âgés de 12 et 14 ans. "Il faut laisser la chance à cette famille de se reconstruire",

Le procureur avait annoncé mardi qu'il ne réclamerait pas "la peine la plus sévère, mais la peine la plus juste". Ecoutez les précisions de Guillaume Biet, envoyé spécial d'Europe 1 à Tours :



Les aveux de Véronique Courjault avaient marqué la matinée de mercredi. "J'ai tué mes enfants", avait lâché l'accusée, des larmes dans la voix. Le président de la cour d’assises lui avait alors demandé si elle aurait pu commettre d'autres infanticides si elle n'avait pas subi une hystérectomie en 2003, après la cinquième grossesse. "Oui, c'est possible", avait-t-elle répondu.

"Si nous avions parlé plus de tout ensemble (avec son mari), ça ne serait peut-être pas arrivé", a souligné l'accusée. Lors des plaidoiries des parties civiles, Jean-Louis Courjault avait affirmé que les gestes de Véronique n'étaient "absolument pas calculés" : "il s'agit d'une maladie. Véronique a de gros problèmes. On va les résoudre."