Valls veut redonner "envie d'Allemagne" à la jeunesse française

  • A
  • A
Valls veut redonner "envie d'Allemagne" à la jeunesse française
Manuel Valls était en déplacement jeudi à Francfort à l'occasion du Salon du Livre dont la France est cette année l'invitée d'honneur.@ DANIEL ROLAND / AFP
Partagez sur :

Lors d'un déplacement en Allemagne jeudi, le Premier ministre a prévenu : "nos peuples peuvent s'éloigner" malgré les relations économiques qu'il y a entre eux.

Manuel Valls veut "redonner envie d'Allemagne" à la jeunesse française et "envie de France" à la jeunesse allemande, a déclaré le Premier ministre français jeudi au grand Salon du Livre de Francfort dont la France est l'invitée d'honneur.

"Nos peuples peuvent s'éloigner". "Je crois qu'il faut redonner envie de France à la jeunesse allemande... et envie d'Allemagne à la jeunesse française. Car la force des liens qui unissent nos nations vient de là, de cet intérêt mutuel, de cette conscience d'un patrimoine partagé, d'une culture commune et d'une création qui nous rapprochent", a dit Manuel Valls dans un discours devant un public précisément assez clairsemé. "Et si nous n'y prenons pas garde, nos jeunesses, nos peuples peuvent s'éloigner" avec des "relations économiques qui ne suffiront pas" sans ce travail culturel, a-t-il averti.

D'une génération soucieuse de "réparer" les plaies "du passé"… Pour le Premier ministre français, 54 ans, sa génération "a grandi avec, des deux côtés du Rhin, cette admiration, cette curiosité pour nos langues, nos penseurs, nos écrivains, nos cultures respectives. Il fallait réparer les blessures du passé, dépasser, par la connaissance de l'autre, les vieux relents qui nous avaient propulsés vers l'abîme".

… à une génération pour laquelle "les choses ont changées". "Bien sûr le couple franco-allemand fonctionne (...) mais nous voyons bien que les choses ont changé, notamment pour nos jeunes générations", a-t-il déploré, alors que l'apprentissage de l'allemand et du français s'érode des deux côtés du Rhin. "La guerre qui a divisé notre continent, opposé nos nations, semble dans leurs esprits bien lointaine... Et la construction européenne, la connaissance du voisin, la découverte des littératures d'Europe leur paraissent trop souvent secondaires, quand elles ne leur sont pas, tout simplement, 'inutiles'", a-t-il jugé, soulignant le "rôle à jouer" des politiques et des acteurs culturels.