Valls tacle les deux responsables de l'Observatoire de la laïcité

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Valls tacle les deux responsables de l'Observatoire de la laïcité
@ PATRICK KOVARIK / AFP
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Lors d'une conférence-débat lundi soir, le Premier ministre a recadré sévèrement Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène.

Le Premier ministre Manuel Valls a sévèrement taclé lundi soir lors d'une conférence-débat à Paris les deux responsables de l'Observatoire de la laïcité placé sous sa responsabilité, Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène, estimant que cette instance "ne peut dénaturer" les principes qu'elle doit défendre.

Un tweet critiquant Elisabeth Badinter.  Le rapporteur général de cet observatoire, Nicolas Cadène, s'en était pris à la philosophe Elisabeth Badinter, figure d'une laïcité combative qui avait critiqué début janvier sur France Inter une gauche qu'elle juge parfois trop conciliante, en tweetant: "Quand 1 travail de pédagogie de 3 ans sur la #laïcité est détruit par 1 interview...". Ce message avait valu une vive riposte des opposants à la ligne défendue par Nicolas Cadène et le président de l'observatoire, l'ancien ministre PS Jean-Louis Bianco, accusés par leurs détracteurs de "repli communautariste au détriment de l'esprit d'une véritable République laïque".

Recadrage de Jean-Louis Bianco. "Je verrai bientôt Jean-Louis Bianco. L'Observatoire de la laïcité, placé d'ailleurs sous ma responsabilité, je lui rappellerai, ça ne peut pas être quelque chose qui dénature la réalité de cette laïcité", a estimé Manuel Valls. "On ne peut pas signer des appels, y compris pour condamner le terrorisme, avec des organisations que je considère comme participant du climat que l'on a évoqué tout à l'heure, ça, ce n'est pas possible", a ajouté le Premier ministre, qui avait évoqué un peu plus tôt un "climat nauséabond". Après les attentats du 13 novembre, Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène avaient signé, avec 80 personnalités de divers horizons dont des militants réputés proches des Frères musulmans, une tribune intitulée "Nous sommes unis". 

"Il y a des lignes qui ont été dépassées". Concernant Nicolas Cadène, Manuel Valls a affirmé qu'"un collaborateur d'une organisation de la République ne peut pas s'en prendre à une philosophe comme Elisabeth Badinter". Le chef du gouvernement a salué chez elle "une défense intransigeante de la laïcité" qu'il "partage d'ailleurs dans bien des domaines". "L'Observatoire est indépendant mais là, il y a des lignes qui ont été dépassées, et je le rappellerai à chacun", a conclu le Premier ministre.