Usine Toray à Lacq : 200 salariés en grève après le licenciement d'un collègue

  • A
  • A
Usine Toray à Lacq : 200 salariés en grève après le licenciement d'un collègue
Le salarié a été licencié pour "insubordination", explique la CGT (photo d'illustration). @ ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Partagez sur :

Un salarié a été licencié le 10 juillet pour "insubordination". Ses collègues dénoncent une situation "injuste" et inédite. 

Environ 200 salariés, sur un effectif total de 430, du groupe chimique japonais Toray Carbon Fibers Europe (CFE) sur le bassin de Lacq, dans les Pyrénées-Atlantiques, sont en grève depuis le 11 juillet après le licenciement jugé "injuste" d'un salarié, a-t-on appris samedi auprès de la CGT.

"C'est une injustice". "Un salarié a été licencié le 10 juillet pour 'insubordination'", a indiqué Timothée Esprit, secrétaire général du syndicat CGT Toray CFE. "Sa supérieure (hiérarchique) lui a reproché de ne pas porter de casque alors qu'il travaillait sur son ordinateur dans l'atelier. Elle lui a tendu le sien qu'il a mis sur sa tête. L'histoire a duré une minute au plus". "C'est une injustice. Presque toute l'usine est en arrêt, 200 personnes sont en grève, cela ne s'est jamais produit auparavant", a-t-il ajouté. Contactée par l'AFP, la direction de Toray CFE s'est refusée à tout commentaire.

Plusieurs jours de grève. Selon la CGT, les faits se sont produits le 19 juin. Quatre jours après, le salarié mis en cause a reçu une lettre pour un entretien préalable, "une lettre type sans motif". Convoqué le 4 juillet, il s'est vu reprocher par la direction son "insubordination" et, le 10 juillet, il a reçu une lettre de licenciement. "Nous nous sommes mis en grève dès le lendemain, le 11 juillet. La direction a convoqué un Comité d'entreprise (CE) extraordinaire le 13 juillet en expliquant que la grève coûtait de l'argent, mais elle n'est jamais entrée en contact avec nous", a expliqué le délégué CGT. "Nous continuerons la grève jusqu'à la réintégration du salarié ici ou dans une autre unité de production", a prévenu Timothée Esprit.

Pour la CGT, le salarié, âgé de 27 ans, avec cinq ans d'ancienneté dans l'entreprise, "n'a pas d'antécédents, pas même un blâme, et la situation est incompréhensible". Toray Carbon Fibers Europe (CFE), usine chimique classée Seveso au niveau des risques, inaugurée en 2014 sur la plateforme de Lacq, est une unité précurseur de fibre de carbone pour laquelle le groupe japonais a investi 100 millions d'euros.