Une rue syrienne dévastée par la guerre reconstituée en plein cœur de Lyon

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L’initiative d’Handicap International a pour but de sensibiliser le public aux terribles conditions de vie en Syrie, en proie à un conflit meurtrier. 

REPORTAGE

Des bruits de bombes, des immeubles dévastés et de grandes quantités de gravats. Handicap International a reconstitué ce week-end une rue syrienne ravagée par la guerre, en plein cœur de Lyon, Paris et Nice. Cette initiative, prise à l’occasion de la 22e édition de la pyramide de chaussures de l’ONG, veut "sensibiliser et mobiliser contre les bombardements de civils." Grâce à un dispositif de réalité virtuelle, le grand public peut ainsi être immergé dans le terrible quotidien des populations touchées par le conflit.

Bruits de bombes, façade dévastées et fausses roquettes. A Lyon, l’ONG a recréé une rue de la ville de Jisr al-Choghour, en plein de milieu de la place Bellecour. Pour pousser le réalisme jusqu’au bout, les organisateurs ont reconstitué une façade d'immeubles dévastée, au milieu de gravas et de fausses roquettes. A l’aide d’un dispositif de réalité virtuelle, équipé d'un casque et d'un masque, le public est plongé au cœur de la réalité effrayante des populations syriennes. Le résultat, bluffant, permet d’entendre les bruits des bombardements et de se rendre compte de l’ampleur des dégâts.

"Il faut montrer pour que les gens réalisent. On voit souvent les bombardements à la télé, mais il faut garder en tête l’impact immédiat des blessures des personnes sous ces bombardements, mais également l’impact à plus long terme de la reconstruction et décontamination de ces zones-là", explique Maud Pelletier, membre d’Handicap International récemment rentrée de Syrie.

Démonstration d’un démineur. Un parcours pédagogique a également été proposé aux écoliers de la région, pour leur permettre de découvrir le travail d’urgence auprès des réfugiés, notamment une démonstration du travail d’un démineur, en train de détecter une mine antipersonnelle sous des gravats et la neutraliser. De quoi impressionner Rosalie, 10 ans. "Je ne savais pas que c’était aussi risqué. Je ne m’attendais pas à autant de sortes de bombes", raconte la petite fille.

Une pétition contre l’utilisation d’armes explosives en zones peuplées est également soumise au public. Selon Handicap International, 90 civils sont victimes chaque jour de ces armes dans le monde. Le conflit syrien a fait 300.000 mort en cinq ans et engendré la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale.

La vidéo du projet :