Une présumée djihadiste libérée à cause d'une convocation arrivée en retard ?

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Une présumée djihadiste libérée à cause d'une convocation arrivée en retard ?
Une jeune femme soupçonnée de liens avec les milieux djihadistes pourrait être libérée de la prison de Lyon-Corbas. Image d'illustration. @ JEAN-PHILIPPE KSIAZEK / AFP
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Son avocate a reçu une convocation à une audience hors du délai légal à cause d'un fax défectueux.

Une jeune femme, en détention provisoire à la prison de Lyon-Corbas dans le Rhône pour djihadisme présumé en lien avec le groupe Forsane Alizza, pourrait être libérée lundi pour "vice de forme". Son avocate a en effet reçu une convocation hors délai légal, a rapporté dimanche BFMTV

Un fax défectueux. Mise en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, cette femme de 36 ans avait été interpellée à la mi-septembre 2014 lors d'un coup de filet dans la banlieue lyonnaise. Mercredi dernier, cette femme était convoquée pour un débat contradictoire devant le juge des libertés et de la détention afin d'être fixée sur la prolongation ou non de sa détention préventive.

Mais l'avocate de la prévenue, Me Vincent, a reçu sa convocation pour cette audience hors du délai légal qui est de cinq jours ouvrés avant le jour du rendez-vous. En cause ? Un fax défectueux. Par conséquent, elle ne se rend pas à l'audition et le juge se voit forcé de décider de sa remise en liberté. Le parquet de Paris s'est aussitôt opposé à cette décision en faisant appel. La chambre d'instruction de la cour d'appel de Paris doit désormais décider lundi si la détenue doit en effet ou non être libérée. 

Cinq frères djihadistes. Mais le parquet avait alors affirmé que les deux frères "nourrissaient l'ambition de mourir en martyr" et projetaient "un passage à l'acte violent imminent". Ancien membre du groupe Forsane Alizza ("Les Cavaliers de la fierté"), dissous en février 2012, Reda Bekhaled avait trahi ses intentions lors d'une conversation téléphonique interceptée par les policiers.

Des armes avaient d'ailleurs été saisies par les policiers lors de l'opération, dont un fusil d'assaut Kalachnikov prêt à tirer, ainsi qu'un gyrophare, une sirène, un brouilleur de portable. Trois autres frères Bekhaled - Mohamed, Farid et Rafik - avaient rejoint la Syrie au second semestre 2013, selon la justice, afin de combattre dans les rangs des djihadistes. Interpol a diffusé trois mandats d'arrêt internationaux à leur encontre, à la demande de la France.