Un procès, 4 ans après la première "alerte enlèvement"

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Un procès, 4 ans après la première "alerte enlèvement"
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Le pédophile présumé à l’origine de l’enlèvement et du viol d’Aurélia, 6 ans, est jugé depuis lundi devant les assises à Angers.

Le regard souvent absent, Dominique Guillouche est assis depuis lundi matin dans le box des accusés de la cour d'assises à Angers. Cet homme de 40 ans doit répondre de quatre viols, 21 agressions sexuelles et 5 tentatives d'enlèvement commis sur des mineures entre 1996 et 2005 dans le Choletais et le vignoble nantais. A l’origine de son arrestation : une "alerte enlèvement", la première déclenchée en France. C’était le 20 novembre 2005.

Ce jour-là, un homme s’approche de deux fillettes qui jouent sur le parking d'une école de Jallais, au nord de Cholet. Aurélia, 6 ans, est enlevée. Mélanie, 8 ans, sa grande soeur, réussit à s’enfuir à temps. Son témoignage, ajouté à celui d’une conductrice, donne assez d’éléments à la procureure d’Angers pour déclencher une "alerte enlèvement", un dispositif venu du Canada et jusqu’ici inédit en France.

Une photo de la fillette est diffusé puis un portrait robot du ravisseur présumé. 30 heures plus tard, Aurélia est libre. "L’agresseur n’a pas libéré volontairement Aurélia. Il l’a libérée parce qu’il y a une pression telle qu’il ne peut plus faire autrement. Imaginez un petit village où on ne parle plus de cela, où on regarde partout qui pourrait être l’auteur. Plus les images passaient, plus Aurélia elle aussi demandait qu’on la ramène chez son papa et sa maman", insiste aujourd’hui Me Louis-Georges Barret, l’avocat de la famille de la petite fille.

Arrêté, Dominique Guillouche a avoué les faits : le rapt et le viol d’Aurélia mais aussi une série d'autres tentatives d'enlèvements et agressions sexuelles commises sur des mineures depuis plusieurs années. Son ex-épouse, Alfreda Deneux, était également passée aux aveux. Lundi, elle est apparue perdue à la barre, ne se souvenant ni de sa date ou de son lieu de naissance, avant de fondre en larmes.

Dix-neuf victimes, dont 18 enfants, seront représentées sur les bancs des parties civiles, ainsi que l'association La Voix de l'Enfant. Dominique Guillouche risque 30 ans de réclusion criminelle. "Il assumera sa part de responsabilité", a assuré son avocate Me Elisabeth Gohier avant la première audience.