Un portable pour protéger les femmes battues

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Un portable pour protéger les femmes battues
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20 victimes de violences conjugales vont être équipées d’un téléphone qui leur permettra d’alerter la police très rapidement.

Un téléphone portable ordinaire avec une touche d’alerte. C’est le nouveau dispositifqui va être testé à partir de lundi, en Seine-Saint-Denis, pour prévenir la violence conjugale. 20 femmes et hommes, séparés de leur conjoint par décision de justice et choisis par le parquet de Bobigny, pourront ainsi prévenir la police s’ils sont menacés.

En cas de danger ou de menace, les personnes équipées du téléphone appuieront sur un bouton qui les mettra en lien avec un interlocuteur de Mondial assistance doté de leur dossier. Il transmettra l’alerte à la police si besoin. Et si la personne n’est pas en mesure de parler, des policiers se rendront directement à son domicile. Cette initiative du Conseil général de la Seine-Saint-Denis reprend un dispositif qui existe déjà en Espagne, a expliqué sur France-Info Ernestine Ronai, responsable de l'Observatoire des violences envers les femmes de Seine-Saint-Denis.

Une ligne spéciale a été créée pour éviter les "embouteillages" qui peuvent exister parfois avec le 17, a expliqué le procureur de Bobigny, Patrick Poirret, à Fabienne Le Moal :


Michèle Alliot-Marie a lancé l’initiative à Bobigny lundi. La garde des Sceaux a annoncé "une adaptation" de la loi, assurant qu'un texte serait "prêt dans une quinzaine de jours". "Le juge des affaires familiales pourra être saisi par la victime ou le procureur", a indiqué Michèle Alliot-Marie, jugeant que "le rythme de la justice, la lenteur des procédures est souvent inadapté à la réalité des situations et aux attentes des victimes".

La garde des Sceaux entend également étendre aux concubins et pacsés la possibilité d'être éloignés du domicile. "Aujourd'hui, seuls les maris violents peuvent être éloignés du domicile, pas les concubins et pacsés. Il faut combler ce vide juridique", a déclaré la ministre. Cette mesure pourrait être complétée dès 2010 par l'expérimentation du bracelet électronique scellé au bras du conjoint violent.

Cette expérience est lancée deux jours avant la Journée internationale contre les violences faites aux femmes. En France, 156 femmes sont mortes, en 2008, sous les coups de leurs conjoints, et 330.000 ont subi des coups et des violences de leurs conjoints entre 2006 et 2008.