Un pompiste travaillant plus de 100 heures par semaine risque d'être licencié sans indemnité

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Un pompiste travaillant plus de 100 heures par semaine risque d'être licencié sans indemnité
Le gérant locataire de la station-service Élan, à Lectoure (Gers) a décidé de bloquer les pompes pour protester contre son licenciement@ RICHARD BOUHET / AFP
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L'homme reproche à la société distributrice d'énergie Alvéa (Total) d'avoir laissé la situation se dégrader sans intervenir.

Il envisage une grève de la faim s'il n'est pas écouté. Jean-Bernard Maurat, gérant locataire de la station-service Élan, à Lectoure, dans le Gers, est en conflit avec Alvéa (Total), rapporte sur son site La Dépêche du Midi. La société de distribution d'énergie lui demanderait de quitter son emploi sans indemnités le 31 mars. Une annonce qui enrage le pompiste.

Près de 100 heures de travail par semaine. Investi depuis avril 2016 pour redresser les ventes de la station-service en chute libre, Jean-Bernard Maurat a payé de sa personne. En plus d'un rythme draconien (de 6h30 à 21 heures, sept jours sur sept, soit l'équivalent de 100 heures par semaines), qui lui rapportait 2,50 euros de l'heure. Il aurait aussi engagé des frais importants pour restaurer le site, près de 90.000 euros, indique le quotidien régional. Des efforts payant poursuit La Dépêche du Midi, puisque les ventes de carburant auraient depuis largement redécollé.

"Alvéa m'a dépouillé de toutes mes économies." Mais confronté à des problèmes de salubrité récurrents, le pompiste aurait reproché plusieurs fois à Alvéa de ne pas remplir son rôle dans les réparations nécessaires. Un dossier d'insalubrité aurait d'ailleurs été ouvert par la mairie de Lectoure sur constat d'huissier. Après l'annonce du licenciement, l'employé fulmine : "Si j'en arrive là aujourd'hui, ce n'est pas parce que je n'ai plus de boulot. C'est parce qu'Alvéa m'a dépouillé de toutes mes économies. Je ne vais pas le supporter, j'irai jusqu'au bout."

Après avoir pris un avocat pour contester la décision, l'homme a décidé de bloquer les pompes dès lundi. Il espère désormais une entente à l'amiable avec le géant Total.