Un mari qui a toujours nié avoir assassiné sa femme devant les assises

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Un mari qui a toujours nié avoir assassiné sa femme devant les assises
Le procès de François Darcy, accusé d'avoir tué sa femme, s'est ouvert jeudi à Versailles. @ AFP
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Le procès d'un quinquagénaire, accusé d'avoir tué sa femme en 2012 et de s'être tiré lui-même une balle dans le dos pour faire croire à une agression par un tiers, s'est ouvert jeudi.

Victime ou assassin ? Le procès d'un quinquagénaire, accusé d'avoir tué sa femme en 2012 et de s'être tiré lui-même une balle dans le dos pour faire croire à une agression par un tiers, s'est ouvert jeudi à Versailles.

"Un stratagème très élaboré". Ancien consultant en informatique, François Darcy, qui comparaît devant la cour d'assises des Yvelines, est soupçonné d'avoir monté "un stratagème très élaboré" pour assassiner son épouse mais a toujours clamé son innocence. Un mètre quatre-vingt-dix-huit, lunettes, moustache poivre et sel, l'accusé est entré dans le box appuyé sur des béquilles. Pourquoi n'a-t-il pas répondu à un interrogatoire de personnalité en 2012 ? "C'est pour les coupables", rétorque-t-il à la présidente. Il fait face à la mère de la victime, partie civile. Ses deux enfants mineurs sont représentés par le Conseil départemental.

"Un crime trop parfait" pour les enquêteurs. Le 26 février 2012 au soir, le couple rentrait du restaurant, point d'orgue d'un week-end en tête à tête pour célébrer dix ans de mariage, quand François Darcy, pris, dit-il, d'une envie pressante, avait quitté la route pour emprunter un chemin forestier menant au parking des ruines de l'abbaye de Port-Royal, dans les Yvelines. C'est alors, raconte-t-il, qu'il avait ressenti une douleur dans le dos et aperçu un homme le viser avec une arme. Paniqué, il avait, assure-t-il, sauté dans un fourré et perdu connaissance. A son réveil, il avait découvert sa voiture en flammes, sa femme à l'intérieur, et appelé les secours. La cause de la mort de Sylvie Darcy, cadre supérieur, 48 ans, n'a pu être déterminée - tout juste sait-on qu'elle avait succombé avant l'incendie. L'arme qui a blessé François Darcy n'a pas été retrouvée. Les enquêteurs avaient évoqué à l'époque un "crime trop parfait".

François Darcy encourt la réclusion à perpétuité. A défaut de preuves formelles et de mobile évident, l'accusation déroule un faisceaux d'indices à l'encontre de François Darcy. Passionné de tir sportif depuis peu, l'accusé est soupçonné d'avoir déclaré, à tort, le vol de deux carabines et d'avoir raccourci l'une d'elles pour pouvoir se tirer dans le dos une balle peu chargée en poudre, afin d'accréditer son récit. Sa version, estime l'accusation, ne tient pas : une mauvaise rencontre ? Pourquoi le tireur, qui s'acharne sur Sylvie Darcy jusqu'à incendier la voiture, aurait-il laissé vivre le mari ? Une quarantaine de témoins et experts doivent être entendus jusqu'au verdict, vendredi 23. François Darcy encourt la réclusion à perpétuité.