Un documentaire choc sur la difficile intégration des jeunes issus de l'immigration

  • A
  • A
Partagez sur :

Le documentaire "Les Français, c'est les autres", diffusé mercredi soir sur France 2, met en lumière les difficultés d'intégrer les jeunes issus de l'immigration. 

INTERVIEW

Après les attentats de janvier et de novembre 2015, le débat sur la nationalité a refait la une de l'actualité. C'est aussi le thème du documentaire  "Les Français, c'est les autres", diffusé mercredi prochain (23h30, le 3 février) sur France 2. Les réalisateurs mettent en lumière la difficile intégration de jeunes issus de l'immigration. Le documentaire, tourné dans un lycée de Seine-Saint-Denis, à Noisy-le-Sec, donne la parole à des adolescents qui n'hésitent pas à dire, devant les caméras, ne pas se sentir vraiment français. Isabelle Wekstein-Steig, co-réalisatrice avec Mohamed Ulad, a expliqué sa démarche au micro d'Europe 1, samedi soir.

"Je ne me sens pas français puisqu'on ne me regarde pas comme français". Le titre du documentaire, "Les Français, c'est les autres", résume l'état d'esprit de ces jeunes majoritairement issus de l'immigration. "Ce sont des Français issus de 46 nationalités. Il y a des musulmans, des catholiques, mais quasiment pas de Juifs", explique Isabelle Wekstein-Steig. Des jeunes qui, au moment des attentats de Charlie, n'hésitaient pas à dire devant les caméras qu'ils ne se sentaient pas vraiment français.

"Ils ont une très grande ambivalence vis-à-vis de leur citoyenneté. En gros, ils disent : 'cette communauté me rejette, donc il n'y a pas de raison que je lui appartienne. Je ne me sens pas français puisqu'on ne me regarde pas comme français'. Ils sont souvent victimes de discrimination, de préjugés, de racisme. Se sentant exclus, ils ne se sentent pas français", poursuit la co-réalisatrice du documentaire.

"Il ne faut pas être totalement négatif". "Il y a un échec de la République. Mais il ne faut pas être totalement négatif. Il y a des jeunes qui sortent de ce ghetto et qui se sentent Français, et qui réagissent surtout quand ils sortent du ghetto", conclut-elle.