Un CAP petite enfance pour les mères au foyer : une proposition contestée

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 Un CAP petite enfance pour les mères au foyer : une proposition contestée
Les représentants des métiers de la petite enfance espèrent être reçus par Marlène Schiappa pour pouvoir exprimer leurs craintes.@ CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP
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La secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes souhaite mettre en place un diplôme à l'attention des mères au foyer non diplômées, ce qui inquiète les professionnels de la petite enfance.

C'est une proposition qui a fait bondir les professionnels de la petite enfance. Jeudi, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes a annoncé que les mères non diplômées, et qui ne travaillent pas mais qui s’occupent de leurs enfants, pourraient obtenir une certification. Il s'agirait d'un diplôme de validation des acquis de l'expérience, qui pourrait prendre la forme d'un CAP petite enfance.

Une mesure qui entretient les stéréotypes ? Une mesure en faveur de l'insertion professionnelle des mères en situation de précarité donc, mais qui fait largement polémique. L'opposition vient d'abord des associations féministes pour qui cette proposition renforce les stéréotypes sans rien régler au problème. Pour Osez le féminisme !, par exemple, l'Etat devrait plutôt aider les mères à concilier vie familiale et vie professionnelle. Un sentiment partagé par la majorité des représentants du secteur qui ajoutent un autre argument à leur opposition : cette mesure ne prend pas en compte la différence entre le savoir-faire d'un parent et le savoir-faire d'un professionnel.

Du parent au professionnel. "Un parent c'est quelqu'un qui a un désir d'enfant, qui met au monde un enfant. On y porte de l'amour, une attention exclusive. Alors qu'un professionnelle apprend à prendre le relais du parent, mais sans les enjeux affectifs", explique au micro d'Europe 1 Julie Marty-Pichon, membre de la Fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants. "On apprend à observer les relations parents-enfants, on est formé à déceler un handicap ou de la maltraitance, etc. Ce sont des choses qui s'apprennent", souligne-t-elle.

Ces professionnels craignent donc une dévalorisation de leur métier qui peine déjà à susciter des vocations. Ils espèrent être reçus au plus vite par la secrétaire d'Etat avec laquelle ils n'ont eu aucun contact pour le moment.