Un ancien salarié de Lactalis pas surpris de l’affaire, au vu des conditions sanitaires

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Un ancien salarié de Lactalis pas surpris de l’affaire, au vu des conditions sanitaires
L'usine de Craon, à l'arrêt désormais.@ DAMIEN MEYER / AFP
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Samedi, dans le 20h de France 2, cet ancien salarié de l'usine de Craon en Mayenne a fait part de conditions sanitaires "sommaires", "loin de ce qui devrait être la norme".

Dimanche, dans Le JDD, le très discret PDG de Lactalis sortait de son silence et se défendait face à l'ampleur du scandale du lait infantile contaminé. "Notre métier, c’est de mettre des produits sains sur le marché. Si cela n’a pas été le cas, c’est notre responsabilité. Je l’assume. Mais nous considérons qu’il n’y a pas eu de manquements de notre part sur les procédures", expliquait Emmanuel Besnier dans l'hebdomadaire.

Pourtant, 35 bébés ont à ce jour été atteints de salmonellose en France, un autre cas a été confirmé en Espagne. Dans ce marasme, un ancien salarié de l'usine Lactalis de Craon en Mayenne, où a été détecté la présence de la salmonelle, a témoigné au 20h de France 2, samedi 13 janvier. Il n'est pas surpris par le scandale et décrit des conditions d'hygiènes très imparfaites.

"Des tamis et brosses au sol'. Cet ancien salarié a travaillé plusieurs années dans la partie conditionnement de l'usine, désormais à l'arrêt. Et son constat est déplorable, souligne le site Franceinfo : "On est nombreux dans le service à n'être absolument pas surpris de ce qu'il se passe aujourd'hui", explique-t-il avant de donner des exemples de manquements : "Quand vous voyez des tamis au sol, quand vous voyez des brosses qui finissent au sol ou qui côtoient toutes les poussières d'une semaine de production et dont on se sert pour nettoyer l'intérieur des tuyaux... Effectivement, il ne faut pas être surpris qu'on puisse contaminer un circuit de poudre", glisse-t-il. avant de résumer : "Les consignes de nettoyage [dans l'établissement] sont sommaires. Même s'il y a eu une progression, elles restent loin de ce qui devrait être la norme."

"Priorité à la production". Le salarié ajoute avoir fait part de ses observations à sa hiérarchie qui n'a pas donné suite. "La priorité était clairement la production", dit encore cet ex-employé. Interrogé par la chaîne du service public, Lactalis avait fait savoir samedi via son porte-parole "ne pas comprendre ce type d'affirmations" et assurer de l'existence de "contrôles réguliers en terme d'hygiène" et de "procédures strictes".