Trois lycéens exclus pour harcèlement antisémite

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Trois lycéens exclus pour harcèlement antisémite
@ Fred Dufour / AFP
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SANCTION - Trois lycéens de Poitiers ont été exclus huit jours de leur établissement pour harcèlement antisémite à l’égard d’un camarade, qui n’est, par ailleurs, pas juif. 

L’histoire est à peine croyable. Trois élèves de seconde d’un lycée de Poitiers ont été exclus de leur établissement pour avoir harcelé, par des plaisanteries antisémites et à caractère négationniste, un de leurs camarades, qui n’est absolument pas juif. 

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Les faits. Tout commence en octobre dernier. Un élève aperçoit une inscription antisémite sur la trousse d’un autre lycéen. On peut y lire : "juif =cramé". Il lui demande s’il a bien conscience de ce qu’il a écrit. Réponse immédiate du propriétaire de la trousse : "tu défends les juifs, tu es juif". Débute alors un harcèlement avec la complicité de deux camarades. La victime aurait enduré des brimades, infligées de vive voix ou par SMS, pendant des mois. L’adolescent a finalement décidé de parler la semaine dernière et les trois lycéens mis en cause ont aussitôt reconnu les faits. 

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La réaction du proviseur. Le proviseur du lycée, Bernard Soulignac, a d’abord explicité les faits reprochés : "les élèves faisaient comme s’il était juif et plaisantaient sur des thématiques qui tournent autour du camp d’extermination nazi à Auschwitz". Le proviseur cite "des plaisanteries d’extrême mauvais goût" comme dire "que ça allait gazer pour lui". En conséquence, Bernard Soulignac décide d’exclure les lycées huit jours, soit "le maximum que peut faire un chef d’établissement". "Je pense que c’est une sanction de nature éducative, elle doit montrer la gravité de ce jeu plus que malsain", a-t-il conclu. 

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Convoqués par la police. Les parents de la victime ont signalé les faits à la police, qui a entendu les trois jeunes mercredi matin. Le lycéen propriétaire de la trousse, qui apparaît comme le meneur de ce harcèlement, est convoqué à la mi-avril devant un juge des enfants pour répondre d'injures racistes, antisémitisme et menaces de mort. Les deux autres seront convoqués pour un rappel à la loi par un délégué du procureur de la République.