Triple meurtre dans la Drôme : jugement altéré ou aboli ? Comment les experts vont trancher

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Deux experts psychiatres vont devoir juger si le discernement du suspect était altéré ou aboli au moment des meurtres pour déterminer s'il est pénalement responsable ou non de ses actes.

À Valence (dans la Drôme), la justice va désigner deux experts psychiatres pour examiner l'auteur présumé du triple meurtre de personnes âgées lundi matin, dans deux villages de la Drôme. Les experts pourraient déclarer le suspect pénalement irresponsable. 

Trois meurtres et deux blessés graves. Le jeune homme de 23 ans est soupçonné d'avoir tué une vieille dame à Chabeuil, près de Valence, avant de se rendre à quelques kilomètres de là, chez un couple de personnes âgées à Montvendre, un couple retrouvé mort lundi matin, et dont le meurtrier présumé aurait aussi volé la voiture. Il serait également l'auteur d'une violente agression. Dès son arrestation lundi, le suspect a été hospitalisé d'office : "l'examen du mis en cause conclut à l'incompatibilité avec une mesure de garde à vue", avait précisé le parquet dans un communiqué. Sa famille a assuré mardi au Parisien que le jeune homme avait déclaré plusieurs fois entendre des voix.

Discernement aboli ou altéré ? Ces deux experts psychiatres vont se rendre à l'hôpital pour rencontrer le suspect et ce sont eux qui vont déterminer si le jugement du jeune homme était complètement aboli au moment des crimes ou s'il était seulement altéré. La différence est importante car l'abolition du discernement signifie que le suspect est pénalement irresponsable de ses actes. Il ne pourrait donc pas être jugé. En revanche, l'altération ne l'empêche pas de comparaître devant une cours d'assises et d'être condamné en tenant compte de sa maladie mentale.

Un procès civil toujours envisageable. Depuis une dizaine d'années, les familles de victimes peuvent demander à assister à une audience publique devant la chambre de l'instruction où les magistrats examinent l'irresponsabilité pénale d'un suspect en sa présence et celle de ses avocats. Cela a été le cas pour le schizophrène Romain Dupuy à Pau, après le meurtre de deux infirmières à l'hôpital. Et même si une personne est déclarée irresponsable pénalement, ça ne l'empêche pas d'indemniser les victimes ou leurs familles. Elle peut toujours être condamnée civilement à payer des dommages et intérêts.