Trains Intercités : les parents pauvres de la SNCF

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Pas assez rentables, désuets, peu ponctuels ou pas pratiques, la liste des défauts des trains Intercités de la SNCF est longue. Ils sont peu à peu abandonnés, au profit des autocars notamment. 

Les trains Corail dans le viseur. Rien ne va plus dans les Intercités ! Ils sont, selon une enquête du magazine Capital, les parents pauvres de la SNCF qui les juge bien encombrants et peu rentables. Le journaliste de Capital qui a enquêté, François Miguet, a expliqué sur Europe 1 que "les trains Intercités ne sont ni des TGV, donc des trains à grande vitesse, ni des TER qui, eux, sont financés par les régions. Ce sont des trains qui roulent à moins de 200 km/h sur 35 lignes". Ce sont donc les trains Corail que tout le monde connait et qui ont été mis en circulation au milieu des années 70.

"Les Intercités sont pourris !". Les résultats de l’enquête de Capital sont sans appel, "les Intercités sont pourris !". François Miguet explique en effet qu'"ils ont 36 ans d’âge moyen et normalement, à 40 ans, ils devraient être mis à la casse".

Y a-t-il un risque à prendre ces trains ? Malgré leur âge avancé, les trains Intercités ne représentent pas de risque pour les passagers. "Les seuls risques qu’ils présentent, c’est qu’une fois à bord, il n’y a pas de distributeurs, de prises de courant, etc. Le risque concerne surtout les infrastructures qui ont été laissées à l’abandon en faveur de la politique du tout TGV", explique le journaliste de Capital. En matière de confort, les trains Intercités sont également loin de ce qu’il se fait actuellement, même si "les sièges sont rembourrés parfois", admet François Miguet. Et cela n’est qu’un aspect de leur désuétude. A cela s’ajoute également des retards très fréquents car comme l’explique le journaliste, "alors qu’ils devraient théoriquement rouler à 200 km/h souvent, ces trains ne roulent qu’à 100 km/h car les lignes n’ont pas été entretenues".

La SNCF a d’autres priorités. Tout le monde se désengage donc de ces trains, que ce soit l’Etat ou la SNCF qui "mettent la priorité sur les lignes TGV et LGV". "En plus, comme la SNCF fait beaucoup de pertes économiques sur ces lignes, elle a tendance à vouloir les fermer au profit notamment des nouveaux autocars qu’elle met en place", ajoute François Miguet.

Les prix sont illisibles. S’ajoute à cette longue liste d’inconvénients, un autre problème : l’illisibilité des prix. François Miguet assure en effet "qu’ils changent en permanence en plus d’être souvent assez cher par rapport aux autocars". Malgré ces défauts, l'Etat a annoncé, par la voix du ministère des Transports, un plan de 1,5 milliard d’euros pour renouveler le matériel roulant Intercités. Une bonne nouvelle que François Miguet modère toutefois car "ce plan s’étale jusqu’en 2025 donc d’ici là il y aura les nouvelles élections présidentielles et en plus, 1,5 milliard d’euros c’est loin d’être suffisant. Des spécialistes avancent en effet le chiffre de 4 milliards d’euros nécessaires".

Avec ce plan d'aides, certaines rames vont être renouvelées, une quarantaine d’ici 2020. C’est toutefois peu car la SNCF préfère plutôt fermer certaines lignes comme "six des huit lignes de nuit", détaille François Miguet. Des élus sont déjà montés au créneau face à ces fermetures, tout comme des compagnies privées qui ont proposé de reprendre ces lignes, mais pour l’heure, "elles sont quasi inexploitables", conclut Fançois Miguet.