Toxicité du diesel : bientôt des procès contre l'Etat ?

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Des particuliers, victimes notamment de cancer du poumon, pourraient se retourner contre l'Etat pour avoir plébiscité le diesel, dont la toxicité a été avérée.

INTERVIEW

"Si les autorités publiques ne prennent pas leurs responsabilités, des particuliers vont porter plainte, c’est sûr". Sur Europe 1 jeudi, la sénatrice écologiste de Seine-Saint-Denis, Aline Archimbaud, n'a pas écarté la possibilité d'une action en justice initiée par des personnes malades du fait des émissions de fumées diesel.

Alarmant. Citant des "études européennes", la sénatrice avance le chiffre de "40.000 morts prématurées par an liées au diesel" en France. Par ailleurs, "les particules fines sont responsables de très nombreuses maladies pulmonaires (asthme, cancers) mais aussi des maladies cardiovasculaires", a-t-elle précisé. Le lien entre la toxicité du diesel et les cancers du poumon avait été établi en 1997 par des chercheurs français du CNRS, mais leur rapport n'avait jamais été publié et était tombé aux oubliettes. En 2012, l'OMS a même classé le diesel comme "cancérogène certain". Pourtant, le parc automobile français est encore aujourd'hui composé à 62% de véhicules diesel.

La France doit agir. L'Etat, qui a longtemps encouragé l'achat de ces véhicules roulant au diesel, a donc une part de responsabilité dans ce "scandale sanitaire", selon Aline Archimbaud. Pour l'élue écologiste, la seule alternative pour éviter de multiples procès, c'est "que l'Etat encourage les industriels à innover, à fabriquer des véhicules plus propres, en grand nombre" et que "la réglementation soit très stricte".