Des médecins de plus en plus âgés, de moins en moins de généralistes

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Des médecins de plus en plus âgés, de moins en moins de généralistes
@ PHILIPPE HUGUEN / AFP
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L'édition 2015 de l'Atlas de la démographie médicale, publiée mardi, confirme par ailleurs de fortes disparités régionales et une féminisation de la profession.

Les médecins n'ont jamais été aussi nombreux en France, mais ils vieillissent et le nombre de généralistes continue de baisser. C'est ce que révèle l'Atlas 2015 de la démographie médicale publié mardi par le Conseil national de l'ordre des médecins (Cnom).

Des retraités qui continue à exercer. La France comptait 281.087 médecins, actifs et retraités, au 1er janvier 2015, soit 1,7% supplémentaire par rapport à l'année précédente. Cet effectif est cependant "gonflé" par le nombre de médecins retraités : 65.548 étaient inscrits à l'Ordre des médecins en 2015. Un chiffre en augmentation puisqu'ils étaient 60.823 en 2014. Et plus d'un médecin retraité sur cinq (22,4%) continue d'exercer, soit une augmentation de 13,3 % par rapport à l'année précédente.

Le nombre des médecins en activité régulière, c'est-à-dire exerçant au même endroit, hors remplaçants ou temporairement sans activité, s'élevait début 2015 à 198.365. Un chiffre, cette fois, en légère baisse par rapport à l'année précédente, où ils étaient 198.760.

La Picardie, région la moins bien lotie. L'édition 2015 de l'Atlas confirme par ailleurs de fortes disparités régionales. Huit régions affichent une densité médicale supérieure à la moyenne nationale de 281,4 médecins pour 100.000 habitants. Comme en 2014, la Picardie est la région la moins bien dotée, avec 230,9 médecins pour 100.000 habitants, devant le Centre, qui en totalise 235,3. La région Provence Alpes-Côte d'Azur, qui possède la plus forte densité, enregistre 352 médecins pour 100.000 habitants, devant l'Ile-de-France qui en recense 346,3.

Infographie démographir médicale

                  
De fortes baisses en Ile-de-France. Signe inquiétant, la baisse des effectifs dans certaines régions, qui révèle le manque d'attractivité. Ainsi, l'Ile-de-France enregistre la plus forte baisse d'effectifs, avec -6% de médecins en moins, entre 2007 et 2015. Claude Evin, directeur général de l'ARS (Agence régionale de santé) d'Ile-de-France, avait fait le même constat alarmant : "30% du territoire francilien souffrira d'un déficit en professionnels de santé d'ici 2017 et devraient bénéficier à ce titre d'aides, pour améliorer l'accès aux soins", avait-il prévenu en début d'année.

Une profession qui se féminise. Autre enseignement de ce tableau annuel, les médecins en activité régulière vieillissent. Plus du quart, soit 26,4%, ont 60 ans ou plus et la moyenne est de 51,5 ans. L'âge médian  est passé de 40 ans en 1990 à 53 ans en 2015. Enfin, la population de médecins se féminise également, avec 45% de femmes praticiennes.

Moins de médecins traitants. Qualifiés de "pivot" du système de santé par la ministre de la Santé Marisol Touraine, les médecins traitants ont été placés au centre des "soins de premier recours" dans la stratégie nationale de santé. Pourtant les médecins généralistes en exercice libéral ou mixte sont de moins en moins nombreux : 58.104 en 2015, un chiffre en baisse de 10,3% depuis 2007. Le Cnom estime que la tendance va se poursuivre et la France devrait compter environ 54.000 généralistes en 2020. Cette baisse touche les régions de manière inégale.

Plus de chirurgiens. Les nouveaux praticiens semblent plus attirés par la profession de chirurgien, dont les effectifs ont augmenté de 25,7% depuis 2007, ou certaines spécialités. Mais l'attente risque de rester longue pour décrocher un rendez-vous chez un ophtalmologue ou un gynécologue. Des spécialités en déclin alors qu'elles sont classées "en accès direct" dans le cadre du parcours de soin coordonnés. La baisse la plus significative concerne les gynécologues dont le nombre a baissé de 31,3% depuis 2008.