Terrorisme : "le renseignement doit aller plus vite car la menace est directe et immédiate"

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Terrorisme : "le renseignement doit aller plus vite car la menace est directe et immédiate"
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Alain Rodier est directeur de recherche au Centre Français de Recherche sur le Renseignement.

On avait beaucoup parlé de la Belgique et Bruxelles, c'est finalement l'Allemagne et la Bavière qui ont concentré l'attention ces dernières heures, lorsque vendredi soir une menace très crédible d'attentat est remontée aux autorités allemandes. De là à imaginer que plusieurs commandos sont disséminés un peu partout en Europe, il n’y a qu’un pas que franchit sans hésiter Alain Rodier, directeur de recherche au Centre Français de Recherche sur le Renseignement, invité vendredi d’Europe 1.

"Il semble que l’Etat islamique a changé de politique". "C’est une réalité parce que, depuis le mois de juin, il semble que l’Etat islamique a changé de politique : rencontrant une série de revers en Syrie, il a décidé de porter le combat ‘outre-mer’ et de déclencher des opérations, qui avaient commencé avec l’Airbus russe de Charm el-Cheikh et s’est poursuivi à Beyrouth, en France, en Tunisie et peut-être, malheureusement, en Allemagne…"

"Les loups solitaires sont généralement moins dangereux". Pour Alain Rodier, "il y a deux sortes de menaces : les loups solitaires, des gens implantés à l’étrangers, mais ils sont généralement moins dangereux car ils sont moins professionnels. Et, c’est la nouveauté pour Daesh, il envoie aussi des commandos formés sur le terrain pour mener des opérations à l’étranger".

Interrogé sur l’attentat déjoué jeudi à Munich et sur la coopération entre plusieurs pays Alain Rodier rappelle que "les terroristes ne connaissant pas de frontières, donc il faut que la défense et le renseignement n’en connaissent pas non plus. Dans cette période, cette coopération doit être fluidifiée : le renseignement doit aller plus vite car la menace est directe et immédiate."