Tarnac : Julien Coupat et deux autres membres du groupe seront-ils jugés pour terrorisme ?

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Tarnac : Julien Coupat et deux autres membres du groupe seront-ils jugés pour terrorisme ?
@ THIERRY ZOCCOLAN / AFP
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La cour d'appel de Paris dira, mardi, si les membres du groupe de Tarnac doivent être renvoyés en correctionnelle pour "actes de terrorisme".

C'est une décision qui va mettre fin à sept ans de rebondissements judiciaires. Mardi, la cour d'appel de Paris se prononcera sur le caractère "terroriste" ou non de l'affaire, très politisée, de Tarnac. D'ores et déjà renvoyés devant un tribunal pour un sabotage de lignes TGV en 2008, Julien Coupat et deux autres membres de ce groupe, doivent-ils être jugés pour des faits à caractère terroriste ?

Présenté comme proche de l'ultra-gauche, "le groupe de Tarnac" est soupçonné d'être à l'origine de sabotages de lignes SNCF sur des caténaires dans l'Oise, l'Yonne et la Seine-et-Marne. Lorsqu'elle éclate en 2008, l'affaire prend très vite une tournure politique, puis suscitera une vive polémique. Le gouvernement et la ministre de l'Intérieur de l'époque, Michèle Alliot-Marie, seront en effet accusés d'avoir instrumentalisé le dossier, en insistant sur son caractère terroriste.

Acte I... A l'été 2015, après sept ans d'enquête, les juges d'instruction chargés du dossier renvoient huit membres du groupe en procès, dont trois sont accusés de dégradations commises sur des lignes TGV le 8 novembre 2008 à Dhuisy, en Seine-et-Marne. Les autres sont renvoyés pour des faits de faux, de refus de prélèvement d'ADN ou association de malfaiteurs pour deux d'entre eux. 

... Pas de qualification terroriste. Prenant le contre-pied des réquisitions du parquet, les juges retirent toute qualification terroriste pour les trois principaux protagonistes, Julien Coupat, son ex-épouse Yildune Lévy et Gabrielle Hallez, qui nient l'ensemble des faits.

Ils ordonnent un non-lieu pur et simple pour des dégradations reprochées à Julien Coupat et Gabrielle Hallez, et commises contre la voie TGV à Vigny, en Meurthe-et-Moselle, entre le 25 et le 26 octobre 2008. Sur plusieurs dégradations suspectes à la même période, seule celle de Dhuisy a fait l'objet d'un renvoi en procès. 

Acte II. Mais le parquet de Paris fait appel, estimant qu'il s'agit bien de faits à caractère terroriste. Une position suivie par le parquet général de Paris à l'audience qui s'est tenue à huis clos, le 25 mai dernier.

Le renvoi en correctionnelle a minima était apparu très éloigné de l'ampleur donnée aux faits à l'époque par les autorités et la justice, lors des premières interpellations, le 10 novembre 2008. Les incidents sur les lignes TGV liés aux dégradations avaient causé de nombreux retards pour des milliers de passagers.