Suivez le procès de l'agresseur présumé de Nathalie Kosciusko-Morizet

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Suivez le procès de l'agresseur présumé de Nathalie Kosciusko-Morizet
Les faits se sont déroulés sur un marché parisien, le 15 juin. @ HASSELT / AFP
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Vincent Debraize, maire d'une petite commune de Normandie, comparaissait mardi après-midi pour violence et outrage "sur personne chargée d'une mission de service public". 

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16h36
Le 11 juillet 2017
L'avocat rappelle aussi le titre rapporté par plusieurs médias dans un premier temps après les faits : "Nathalie Kosciusko-Morizet fait un malaise suite à une altercation".
16h35
Le 11 juillet 2017
Le deuxième avocat de la défense souligne que quatre des témoins sont des militants qui entouraient NKM et peuvent manquer d'objectivité. "Vous ne pouvez pas vous contenter de l'émotion publique que nous avons tous partagé" pour condamner Vincent Debraize, adresse-t-il à la cour.
16h23
Le 11 juillet 2017
L'avocat plaide "une relaxe à laquelle" il croit "véritablement" et cède la parole à son confrère.
15h55
Le 11 juillet 2017
Le procureur estime que le prévenu n'a pas voulu blesser NKM et a été "totalement dépassé par ce qui se passait". Il note que Vincent Debraize est inconnu des services de police. "Ces éléments-là, militeraient pour une condamnation de principe, parce que les risques de récidive sont limités. (...) Mais pour moi, ces faits sont graves parce que monsieur Debraize s'est attaqué à un élu. La seule sanction possible contre un élu, c'est de ne pas voter pour lui, pas de l'agresser." Il note aussi l'absence "totale d'empathie" du prévenu, y compris à l'audience, et requiert quatre mois de prison avec sursis et 1.500 euros d'amende. 
 
15h42
Le 11 juillet 2017
Le procureur ne croit pas "une seule seconde" à un "mensonge concerté" des cinq témoins qui ont décrit l'altercation. "Monsieur Debraize, et les témoins le rapportent bien, était très agressif. (...) J'ai tendance à croire que les cinq témoins ont rapporté la vérité, à savoir que l'expression 'bobo de merde' a bien été employée. L'outrage me paraît caractérisé et il est aggravé par la qualité de personne chargée d'une mission de service public", explique-t-il, reprenant la démonstration de l'avocat de NKM. 
15h37
Le 11 juillet 2017
"C'est une affaire dont elle a beaucoup souffert, qui l'a beaucoup gênée pour la fin de sa campagne", conclut l'avocat. Sa cliente réclame 5.000 euros au prévenu. 
15h34
Le 11 juillet 2017
"Est-ce que madame Kosciusko-Morizet est agressée parce qu'elle refuse une cigarette ou un chewing-gum ? Non, elle est agressée du fait de sa double fonction", d'élue de Paris et de députée de l'Essonne, poursuit l'avocat de NKM pour justifier la qualification reconnue par le parquet (violence sur personne chargée d'une mission de service public). 
15h26
Le 11 juillet 2017
L'un des avocats de NKM revient sur la gifle. "La violence, elle est là. Devrait-on s'en arrêter là, ce serait suffisant pour la qualification pénale qui est retenue à l'égard de ce monsieur. Mais ce n'est pas tout. On sait qu'il la pousse au thorax", explique-t-il, rappelant que le certificat médical de la candidate fait état d'une "palpation douloureuse au thorax". "Si elle tombe, ce n'est pas toute seule. C'est une femme solide", poursuit-il, glissant une référence à la participation de sa cliente "aux débats de la primaire face à Nicolas Sarkozy" comme preuve de sa résistance. 
15h14
Le 11 juillet 2017
L'expert psychiatre a aussi noté un "sentiment de persécution" et une "tendance à l'égocentricité". "L'attitude est globale et autocentrée, rigide. L'agressivité est importante, exprimée indirectement sous forme de mépris ou directement sous forme de remarque ou d'injure", a-t-il écrit. Appelé à réagir à ces conclusions, le prévenu répond à côté du micro, on entend mal. 
15h09
Le 11 juillet 2017
On passe à la personnalité du prévenu, qui a dirigé une maison de retraite et une entreprise de communication. Il est désormais inscrit à Pôle emploi depuis six mois et réside principalement à Paris. L'enquêteur social l'a décrit comme "peu coopérant". L'expertise psychiatrique a décelé "un état de déstabilisation en lien avec les éléments politiques nationaux et le récent décès de son père", une absence d'empathie pour les victimes et des éléments "paranoïaques". "Il ne se remet pas en cause", écrit aussi l'expert. 
14h45
Le 11 juillet 2017
Vincent Debraize revient à la barre et affirme à nouveau qu'il n'a pas frappé Nathalie Kosciusko-Morizet, seulement attrapé les tracts pour les jeter par terre. 
Le président lui demande s'il a bien parrainé Henri Guaino pour l'élection présidentielle (élément présent dans le dossier), le prévenu acquiesce. Il dit avoir rencontré un "conseiller" d'Henri Guaino sur un marché, bien avant l'agression, et pris une photo avec lui. Ce conseiller l'aurait appelé sur son portable le 16 juin car les enquêteurs l'avaient reconnu sur le cliché, "pas pour lui dire de se rendre"
14h33
Le 11 juillet 2017
"En plus du reste, je trouve insultant et ridicule d'affirmer que mon équipe faisait des saluts nazis. C'est ajouter du ridicule à la violence", s'emporte légèrement NKM, la main levée. Elle nie avoir insulté le prévenu. 
14h29
Le 11 juillet 2017
Sur l'agression en elle-même : "Il m'a arraché les tracts de la main, il m'a giflée avec les tracts. Quasiment en même temps il m'a donné un coup, je suis tombée en arrière et après je ne me souviens pas." 
14h28
Le 11 juillet 2017
C'est au tour de Nathalie Kosciusko-Morizet de donner sa version des faits. "On distribuait des tracts depuis neuf heures et demi, ça se passait bien ce matin là", détaille-t-elle. Elle confirme les propos de Vincent Debraize "rapportés dans les témoignages" : "c'est votre faute si Hidalgo est là, vous n'avez rien à faire à Paris, bobo de merde". "Comme c'était très agressif, une personne qui m'accompagnait s'est proposé se l'éloigner et je l'ai retenu parce qu'il avait dit être maire en Normandie et ce n'est pas dans ma culture. Pour moi un élu ça se respecte, un maire en particulier" 
14h25
Le 11 juillet 2017
Plusieurs témoins ont évoqué "l'énervement" de Vincent Debraize au moment des faits, lui assure être resté très calme. "Je déments formellement", martèle-t-il. "Je n'ai jamais touché la candidate Nathalie Kosciusko-Morizet, ni avec des tracts et encore moins par un coup au thorax." 
14h22
Le 11 juillet 2017
Pourquoi n'est-il pas venu au secours de NKM lorsqu'elle est tombée ? "J'étais menacé par trois personnes", répond Vincent Debraize. "J'avais envie de partir et c'est ce que j'ai fait. J'étais tellement inquiet pour moi que je suis parti." Le président note que les photos ne montrent aucune des personnes qui auraient "encadré" l'agresseur présumé après la chute de la candidate. "C'est parce qu'il m'a rejoint dans le métro", répond le prévenu, dont la version des faits est un peu fluctuante.  
14h19
Le 11 juillet 2017
Le président relit quelques témoignages, demande au prévenu s'il a brandi des tracts. La réponse est floue. "A aucun moment je n'ai touché la candidate Nathalie Kosciusko-Morizet, à aucun moment je n'ai eu l'intention de toucher la candidate Nathalie Kosciusko-Morizet", s'agace Vincent Debraize (par ailleurs maire d'une petite commune de l'Eure). Le président déplore qu'aucune des caméras de vidéosurveillance n'ait filmé la scène de manière exploitable. 
14h15
Le 11 juillet 2017
Le président présente au prévenu des clichés pris par un photographe de l'AFP présent sur les lieux de l'altercation, note que les tracts ne se trouvent "pas sur le sol". Il revient ensuite sur l'altercation dans le métro, avec l'un des militants qui accompagnaient NKM. "Il m'accompagne dans le métro, je suis choqué, j'ai vraiment peur. Je crains pour moi", raconte le prévenu. "Il parle au téléphone en demandant à ceux à qui il parle de le rejoindre. Il commence à me frapper." Vincent Debraize assure que ses lunettes ont été cassées et sa chemise déchirée et qu'il n'a donné une "claque" au militant que pour se défendre. 
14h11
Le 11 juillet 2017
"Elle s'est mise à reculer, moi j'ai pris les tracts, et à mesure qu'elle reculait je les ai jetés au sol à mes pieds. Elle a continué à reculer, elle était déjà loin, et c'est là que je l'ai vue tomber", poursuit le prévenu. Le militant qui l'avait menacé lors de son arrivée sur le marché aurait alors "levé le bras" contre lui en hurlant "il l'a frappée, il l'a frappée". "Un autre criait 'Heil Hitler, Heil Hitler'. Un troisième a commencé à m'attraper par l'épaule en disant 'on va t'avoir, on va t'avoir'. Je ne comprenait pas ce déferlement", explique Vincent Debraize. 
14h05
Le 11 juillet 2017
"Très rapidement, la personne qui était avec elle (un militant) s'est avancée vers moi et a dit 'je vais lui péter la gueule'", poursuit Vincent Debraize. Il assure alors voulu poursuivre son chemin, mais dit que NKM est revenue échanger avec lui, sur un ton "tout à fait normal". 
14h04
Le 11 juillet 2017
"Je remontais tout le boulevard Saint-Germain parce que je voulais aller à Mabillon", explique le prévenu à la barre. "Le trottoir traverse le marché Maubert. Il y avait tous les militants de la candidate qui étaient là. En poursuivant, je vois en effet sur la droite Nathalie Kosciusko-Morizet. Je lui dis en effet 'pourquoi vous présentez-vous dans cette circonscription ? (il dénonce un parachutage)'". 
14h01
Le 11 juillet 2017
Le président lit la version de Vincent Debraize, qui nie avoir agressé la candidate. Il a raconté aux enquêteurs avoir échangé avec des militants qui auraient menacé de lui "péter la gueule". Il reconnaît avoir traité NKM de "bobo de droite" et assure que l'ex-ministre s'est "laissée tomber" toute seule.
13h53
Le 11 juillet 2017
Vincent Debraize et Nathalie Kosciusko-Morizet sont installés l'un et l'autre face au président, devant leurs avocats. Ils n'ont pas échangé un regard.
13h52
Le 11 juillet 2017
Le président revient sur les faits. "Le 15 juin 2017, madame Kosciusko-Morizet se trouvait sur la place Maubert, pour notamment distribuer des tracts lorsqu'un individu identifié ultérieurement comme étant monsieur Debraize s'est porté à sa hauteur". Il l'aurait agressé "verbalement une première fois", avant de lui jeter ses tracts au visage et de lui porter un coup au thorax, lui faisant perdre l'équilibre. 
13h48
Le 11 juillet 2017
On passe au dossier de Nathalie Kosciusko-Morizet.
13h34
Le 11 juillet 2017
Nathalie Kosciusko-Morizet vient d'entrer dans la salle d'audience et prend place dans le public.
13h33
Le 11 juillet 2017
Bonjour et bienvenue dans ce live consacré au procès de Vincent Debraize, agresseur présumé de Nathalie Kosciusko-Morizet entre les deux tours des élections législatives à Paris.
DANS LA SALLE D'AUDIENCE

L'incident avait marqué l'entre-deux-tours des élections législatives, le 15 juin. Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate aux élections législatives dans le Vème arrondissement de Paris, distribuait des tracts sur le marché de la place Maubert, lorsque Vincent Debraize, maire d'une petite commune de Normandie, lui avait jeté sa pile de papiers au visage, la traitant de "bobo de merde". 

Deux versions contradictoires. La suite de l'histoire n'est pas la même selon les deux protagonistes. La candidate, depuis battue aux législatives, raconte que l'homme l'a giflée avec les tracts avant de la pousser, lui faisant perdre l'équilibre. Après avoir chuté, l'ancienne ministre avait brièvement perdu connaissance et avait dû être hospitalisée. Elle s'était vu reconnaître deux jours d'incapacité totale de travail (ITT). Vincent Debraize affirme, lui, n'avoir jamais "frappé ou même eu la volonté de frapper" Nathalie Kosciusko-Morizet. 

Un peu moins d'un mois après les faits, l'affaire s'est réglée devant la justice, mardi. Vincent Debraize a comparu devant le tribunal correctionnel de Paris pour violence et outrage "sur personne chargée d'une mission de service public". Quatre mois de prison avec sursis ont été requis contre lui. Retrouvez le compte-rendu de l'audience en direct avec notre journaliste sur place.