Suicide en ligne : "Il n'y a aucun filtre sur Perisope"

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Le suicide d'une jeune femme en direct sur Periscope relance le débat sur l'utilisation de telles applications. Periscope va-t-il devenir le prochain Chatroulette ? 

C’est une situation inédite dans l’horreur. Mardi, une jeune femme de 19 ans s’est jetée sous un RER, un suicide annoncé et filmé en direct via l’application Periscope. "Il n’y a aucun filtre sur Periscope, le principe, c’est le live, et on peut y montrer tout et n’importe quoi", s’est indignée sur Europe 1 jeudi matin, Justine Atlan, la directrice de l’association e-Enfance. Selon elle, "le problème qui se pose avec ces outils, c'est qu'ils permettent de plus en plus de choses. Or, qui est responsable ?", s'est-elle interrogée.

Une responsabilité partagée. Selon elle, la responsabilité est partagée. "Il y a à la fois celui qui a créé l’application Periscope et également les utilisateurs, qui l’utilisent parfois pour des choses qu’on ne contrôle pas", estime Justine Atlan. "On se rappelle tous par exemple de Chatroulette, un site né il y a quelques années, qui avait eu exactement les mêmes dérives. Résultat, on peut tomber sur des scènes absurdes telles que des personnes qui se masturbent en ligne", a-t-elle regretté. 

Pour l’heure, Twitter s'est contenté de dire, suite au suicide de la jeune femme, que l'entreprise ne faisait pas de commentaires sur l’utilisation personnelle de Periscope. Une situation que déplore la directrice de l’association e-Enfance. "C’est un peu court comme réponse. Aujourd’hui, ils disent simplement qu’ils ont racheté cette application mais qu’ils ne l’ont pas créée, donc ils n’en sont pas responsables. Or, ils vont pourtant bien en tirer des bénéfices", a-t-elle critiqué. 

Éduquer les jeunes et les parents. Pour Justine Atlan, il est donc urgent d'apprendre aux jeunes à gérer leur image en ligne en apprenant à utiliser ces applications "qui créent des comportements et poussent les gens à faire des choses qu’ils n’auraient pas fait en temps normal". Cela passe également par une éducation des parents vis-à-vis de ces outils et par la nécessité d'un déploiement des moyens de signalement pour chaque vidéo. En effet, dans le cas de la jeune fille qui s’est suicidée, il y avait plus de 1.000 spectateurs en direct. "Il y a certes un moyen de signaler une vidéo sur ces outils, mais il est difficile à trouver et en plus, une fois le live signalé, on ne sait pas ce qu’il se passe. Il devrait y avoir des degrés de signalement pour que l’application fasse quelque chose, car, quand la vie de quelqu’un est en danger, il y a urgence à agir", a donc réclamé Justine Atlan.