Stéphane Clerget : "La fessée est un échec et n'a aucun intérêt"

  • A
  • A
Voir la vidéo sur Dailymotion
Partagez sur :

Le pédopsychiatre estime que cette sanction n'est jamais méritée et peut toujours être remplacée par d'autres méthodes éducatives.

INTERVIEW

Dans la nuit de vendredi à samedi, l'Assemblée nationale s'est prononcée. Les députés ont voté contre "tout recours aux violences corporelles" des parents envers les enfants, dans le cadre du projet de loi "égalité et citoyenneté". La fessée est donc désormais interdite. Contrevenir à cette règle n'expose néanmoins à aucune poursuite pénale. "La règle posée est de nature exclusivement civile", ont précisé les élus qui ont déposé l'amendement en ce sens.

"Jamais mérité". Pour Stéphane Clerget, pédopsychiatre, interdire la fessée est une bonne chose. "La fessée est un échec, cela n'a aucun intérêt", explique-t-il lundi au micro d'Europe 1. "Ce n'est jamais mérité. Ce qui est important, c'est de donner le bon exemple à son enfant, de lui dire ce qui est mal. Il n'y a pas besoin de lui mettre des coups pour ça." Le médecin reconnaît qu'il est très difficile d'énoncer des règles en matière d'éducation, et qu'il "ne faut pas trop d'intrusion dans l'intimité des parents". Mais il estime qu'il y a toujours des solutions alternatives, d'abord le dialogue, puis les sanctions. "L'essentiel, c'est d'informer les gens sur comment faire pour éviter la fessée."

Attention danger. Inefficace, la fessée est également dangereuse, selon Stéphane Clerget. "Quand on frappe son enfant comme ça, le risque c'est de faire des enfants masochistes, violents ou soumis." Et aux parents qui considèrent que la crainte est le seul moyen d'avoir des enfants respectueux, le pédopsychiatre répond qu'on peut "grandir sans craindre ses parents et être un bon citoyen sans craindre sa police et son armée". En revanche, le médecin reconnaît qu'un vote en pleine nuit à la veille d'un week-end, sans communiquer dessus, est une erreur de la part des élus. "Je ne comprends pas que le gouvernement ait peur du débat."