Six mois après les attentats, répondre aux angoisses des enfants sur les attentats

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Comment gérer le stress post-traumatique des enfants ? Faut-il tout leur dire ? Réponse avec Hélène Romano, docteur en psychopathologie.

Six mois ont passé depuis le 13 novembre et les attentats meurtriers qui ont touché la capitale et fait 130 morts. Le temps du deuil mais pas de l'oubli. Les enfants aussi sont concernés et il est parfois difficile de savoir comment leur parler et réagir à leurs questions. Hélène Romano, docteur en psychopathologie, publie une bande-dessinée pour permettre aux parents de trouver les bons mots, "Après l'Orage", aux éditions Courtes et Longues.

Dialoguer. C'est la première chose à faire. Il ne faut pas éviter les questions d'un enfant même sur un sujet difficile. "Ce qui est important ce n'est pas tellement la réponse mais de faire comprendre à l'enfant que le parent est là." Il faut d'abord écouter les angoisses, "ce que tu dis est très important". Puis aider l'enfant à reformuler ses questions. "Il faut bien comprendre ce qu'il a théorisé lui dans sa tête pour le confronter à nos propres théories d'adultes." Enfin, ne pas avoir peur de répondre que l'on n'a pas forcément la réponse. "Il ne s'agit pas de répondre du tac-au-tac. Dire que l'on va y réfléchir et essayer de lui expliquer, c'est déjà lui montrer qu'il peut avoir confiance, que le parent va le protéger de ses angoisses", explique Hélène Romano. 

Rassurer. "Est-ce que ça va revenir ?" C'est l'une des questions qui revient le plus souvent en consultation, explique Hélène Romano. "On l'entend surtout chez les enfants qui habitent dans les quartiers de Bastille ou République, à Paris. Avec les manifestations qui ont lieu en ce moment [contre la loi Travail], il y a une certaine confusion. Il y a du bruit, de l'agitation, parfois quelques dégâts. Ils demandent si ce sont les mêmes terroristes, comment réagir si ça revient." Il est d'autant plus important pour les parents de trouver les bons mots et la bonne attitude que les enfants ont une tendance naturelle à culpabiliser très vite. "Quand il y a un drame, les enfants pensent que cela peut être à cause d'eux. D'où la nécessité de pouvoir comprendre pourquoi ils se sentent coupables pour mieux leur expliquer que ce n'est pas du tout lié à ce que, eux, peuvent penser. Qu'ils ne sont pas responsables"

Consulter. Demander de l'aide à un spécialiste est le dernier recours du parent démuni. Certains signes doivent alerter sur le mal-être de son enfant. "Le basculement, c'est un enfant qui aurait des angoisses terribles qui ne permettent plus de vivre. Un enfant qui ne voudrait plus sortir de chez lui, qui ne dormirait plus, qui aurait des maux de ventre terrible", conclut la spécialiste.