Service civique : les raisons d'un succès

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Service civique : les raisons d'un succès
En 2018, le service civique devrait concerner 350.000 jeunes.@ JACQUES DEMARTHON / AFP
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L'envie de s'engager après les attentats explique l'attrait pour le service civique. C'est aussi pour les jeunes le moyen de gagner une petite somme d'argent.

Une offre pour quatre demandes ! Un réel engouement entoure le service civique, si bien qu'il n'y a pas assez de propositions de ces missions de six mois à un an qui s'adressent aux 16-25 ans. C'est pourquoi le gouvernement a décidé d'étendre cette mesure dans le projet de loi "Egalité et citoyenneté" lancé après les attentats de janvier 2015 et présenté mercredi. Le 31 décembre 2015, François Hollande avait d'ailleurs appelé à la généralisation de la mesure pour tous les jeunes et annoncé l'augmentation du budget qui lui est consacré (de 300.000 euros aujourd'hui à un milliard en 2018).

+93% en 2015. Cet attrait s'explique notamment par les événements de janvier et novembre. En réaction, le service civique apparaît comme un moyen de s'engager vis-à-vis d'une association ou d'une collectivité. Les services civiques ont bondi en 2015 : +93%. Raison plus pragmatique du succès, le service civique - payé 573 euros net par mois - est devenu en ces temps de chômage de masse un moyen de gagner un pécule. Théo, 19 ans et sans travail a ainsi choisi de s'occuper de SDF : "C'est mon premier contrat, ma première entrée d'argent même si ce n'est pas beaucoup", explique le jeune homme qui souhaite mettre de côté pour son permis de conduire et partir en vacances.

Outil d'insertion. Pour le gouvernement, le service civique reste un outil d'intégration à la communauté nationale, un moyen de lutter contre la radicalisation. Ce n'est pas une politique d'insertion professionnelle. Pourtant, cela y ressemble. En témoignent les chiffres : un an après leurs service civique, un peu plus de 60% des jeunes trouvent un emploi ou une formation.

Créé il y a cinq ans, le service civique devrait mobiliser près de 350.000 jeunes par an en 2018, contre environ 120.000 en 2015.