Sécurité routière : "On laisse mourir les gens sur la route"

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Sur Europe 1, Jehanne Collard, avocate spécialisée dans la défense des victimes de la route, n'a pas caché sa "colère" face à la hausse de la mortalité routière en mars.

INTERVIEW

Au mois de mars, 257 personnes ont perdu la vie sur les routes françaises, soit une augmentation de 14,2% par rapport à mars 2015, a-t-on appris vendredi. Jehanne Collard, avocate spécialisée dans la défense des victimes de la route, ne cache pas sa "colère" et son "désespoir" face à ces chiffres "absolument vertigineux".

"Pour l'Etat français, c'est un non-sujet". Sur les trois premiers mois de l'année, le nombre de morts a augmenté de 3,3% par rapport au premier trimestre 2015, ce qui perpétue la tendance à la hausse de la mortalité routière enregistrée depuis deux ans. "On laisse mourir les gens sur la route", dénonce-t-elle, pointant du doigt la politique du gouvernement en la matière. "On a l’impression que pour l’Etat français, c’est un non-sujet. Comment ne pas être en colère face à une telle inertie, devant ce qui devrait être pour notre pays une situation intolérable ?", lance-t-elle sur Europe 1. "On est face à un silence gouvernemental tellement coupable qu’il faut bien qu’on trouve des solutions pour éradiquer ce fléau".

"On réclame des moyens". Pour pallier le problème, l'avocate demande des mesures d'urgence. "On réclame une police de la route et on réclame des moyens. Il n’y a plus de contrôles sur les routes parce qu’on n’a pas les moyens de mettre des policiers à la fois pour lutter contre le terrorisme et à la fois sur les routes de France. Le gouvernement a fait un choix, mais ce choix est infiniment condamnable, parce qu’il fait le choix de laisser les Français mourir ou être des morts-vivants dans des hôpitaux. C’est intolérable", martèle Jehanne Collard.

"Plus important que le chômage". "C’est un sujet beaucoup plus important que le chômage. Quand vous êtes chômeur, vous avez toujours l’espoir de retrouver un travail, quand vous êtes mort, tétraplégique ou paraplégique, vous ne le retrouverez plus jamais, ce travail", conclut l'avocate, qui espère "mettre en cause la responsabilité pénale des présidents de région de manière à ce qu’il y ait un effet boomerang au niveau du gouvernement."