"Sarkozy je te vois" : le professeur relaxé

  • A
  • A
"Sarkozy je te vois" : le professeur relaxé
Partagez sur :

L'homme a déclaré après la décision du tribunal de police avoir craint quelques temps "d'avoir la langue coupée".

Le professeur de philosophie qui avait crié "Sarkozy je te vois" à des policiers effectuant un contrôle en gare Saint-Charles à Marseille le 27 février 2008 a été relaxé par le tribunal de police de Marseille. Le juge de proximité qui présidait le tribunal de police chargé de juger cette affaire a estimé que le "tapage injurieux diurne troublant la tranquillité d'autrui" qui était reproché à l'auteur des propos n'était pas constitué.

Patrick, le professeur de philosophie incriminé a préféré rester discret. Il ne s'est pas rendu à l'audience. Néanmoins, il prend avec humour la tournure prise par cette affaire. "L'article par lequel j'étais poursuivi précisait que je pouvais avoir l'objet du délit confisqué donc j'ai craint pendant quelques temps d'avoir la langue coupée", explique-t-il goguenard. "Cela montre que la justice s'est peut-être un peu emballée dans cette histoire" ajoute-t-il. Le professeur a promis qu'il ne recommencerait pas.

Ecoutez la réaction de Patrick au micro de Nathalie Chevance :

Les propos au centre de la polémique ont été lancés en pleine gare Saint-Charles à Marseille à une heure de pointe, a fait remarquer le juge, estimant qu'on pouvait les assimiler à la "rumeur normale" de ce type d'endroit. Par ailleurs, a-t-il jugé, même si ce "Sarkozy, je te vois" pouvait être jugé "maladroit et déplacé", il "ne revêt pas de caractère injurieux". "Le juge de proximité est suffisamment décrié pour que cette fois, on puisse lui rendre hommage", a estimé l'avocat du prévenu, Me Philippe Vouland. Une amende de 100 euros avait été requise contre son client, lors du procès qui s'était déroulé le 19 mai.

"De la même manière que j'ai toujours dit que M. Sarkozy était étranger à ces poursuites, j'ai la conviction qu'il est étranger également à ce délibéré", a ajouté l'avocat, interrogé sur l'interview accordée par le chef de l'Etat au Nouvel Observateur paru jeudi dans laquelle il déclare cette poursuite "ridicule".