Routes à 80 km/h : "Je ne vais pas rester avec mes 11 points longtemps"

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Deux jours avant l'officialisation de la limitation de vitesse à 80 km/h sur 40% des routes de France, notre journaliste est monté à bord de la voiture d'Emmanuel, un automobiliste plutôt mécontent de l'expérience.

REPORTAGE

Dimanche 1er juillet, la vitesse sur les routes nationales et départementales sera limitée à 80 km/h. 400.000 km de voies sont concernés, soit près de la moitié des axes du pays, en majorité dans les campagnes. Là, les automobilistes redoutent des temps de trajet beaucoup plus longs. Emmanuel, commercial en Loire-Atlantique, 800.000 km au compteur chaque année, commence à faire l'expérience. Notre journaliste s'est glissé sur le siège passager et a écouté ses griefs contre la mesure prônée par le Premier ministre Édouard Philippe.

"Je vais être moins concentré sur ma conduite". Pour se rendre à son rendez-vous client à Ancenis, Emmanuel emprunte la départementale 723, où le trafic est chargé. Le commercial bloque son régulateur de vitesse à 80 km/h, et ça l'agace. "Là, je me traîne. Regardez, je vais me faire doubler par la droite", peste-il. "Le risque augmente car je vais être moins concentré sur ma conduite. Derrière, ça klaxonne. C'est extrêmement dangereux", constate-t-il.

"C'est stressant". Emmanuel s'énerve en voyant qu'il a désormais toutes les peines du monde à dépasser les camions. "Pour doubler les poids lourds, j'ai dépassé les 80 km/h. A la vitesse autorisée, je ne pouvais pas le faire. J'aurais été bloqué derrière pendant un bon moment. Actuellement, on rattrape un poids lourds qui roule 10km/h moins vite que nous, et on a toute la latitude pour pouvoir le doubler. A partir du 1er juillet, ce ne sera plus le cas puisqu'on roulera exactement à la même vitesse. On va rester coincés derrière les camions, ce n'est absolument pas possible. Je ne vais pas rester avec mes 11 points longtemps. C'est stressant."

11 minutes de plus. C'est l'heure du bilan pour Emmanuel. Sur les 80 km parcourus aller-retour, il a compté 11 minutes supplémentaires par rapport au trajet habituel à 90 km/h. Désormais, le commercial redoute la somnolence sur les longues lignes droites et évalue le temps perdu quotidiennement à environ 1 heure, sur un parcours de 600 km.