Ricard : "à Kaboul, ils ne peuvent pas comprendre" les caricaturistes

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Ricard : "à Kaboul, ils ne peuvent pas comprendre" les caricaturistes
Le moine bouddhiste Matthieu Ricard
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Le moine bouddhiste Matthieu Ricard est le co-auteur de "Trois amis en quête de sagesse". Il était l'invité de David Abiker dans C'est arrivé demain.

INTERVIEW

Neuf jours de discussion au coin du feu avec un philosophe, un psychiatre et un moine bouddhiste. Au terme de cette expérience est né un manuel de savoir-être et vivre, Trois amis en quête de sagesse. Matthieu Ricard, l'un des co-auteurs, était l'invité de David Abiker, dimanche, dans C'est arrivé demain.

Au cœur de l'ouvrage, la question de l'ego, qui "a de multiples composantes". Matthieu Ricard cite celles qui ne posent pas de problème, comme les impressions ou ressentis : "J'existe, j'ai froid, chaud... je suis content ou un peu malheureux". Il évoque aussi les histoires personnelles, différentes pour chaque homme. Et enfin la difficulté avec la notion d'ego, qu'il traduit par un "moi, moi, moi du matin au soir. Cela vous rend misérable et dans la bulle de l'ego, ça sent le renfermé."

Caricatures. Si la question de l'égocentrisme n’invite pas à la polémique, un passage du livre a davantage soulevé les questions de David Abiker. "Vous invitez les caricaturistes à faire attention aux 'conséquences de leurs dessins, ils peuvent tuer.' C'est une façon de penser politiquement incorrecte si on la confronte avec ce qui se dit en France aujourd'hui ?"

"Pas du tout, répond le moine bouddhiste, avant de s'expliquer. Les gens dans la rue à Kaboul ne peuvent pas comprendre cette liberté d'expression. Cela ne veut rien dire pour eux. La manière de les faire changer, ce n'est pas en touchant leurs sentiments profonds, c'est en apportant l'éducation, en ouvrant le pays, en faisant en sorte que les femmes aient un meilleur statut, etc. Si les caricatures peuvent faire bouger les choses, alors oui, mais si le lendemain, on sait qu'il va y avoir dix morts en Afghanistan dans la rue à cause d'une manifestation, il faut décider de ce qu'on veut faire."

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