Rescapée du Bataclan : "mon assurance me dit que je n'ai pas besoin" d'aide juridique

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Catherine était au Bataclan le soir du 13 novembre. Mais aujourd'hui, son assurance rechigne à l'aider.

TÉMOIGNAGE EUROPE 1

L'heure est encore à la reconstruction. Trois mois après les attentats du 13 novembre, le traumatisme est loin d'être surmonté chez tous ceux qui étaient présents au Bataclan. Fragilisée psychologiquement, Catherine a cherché à se faire aider dans ses démarches et ses plaintes par son assurance. En vain.

"Etant donné que je n'étais pas blessée, elle ne comprenait pas". Les victimes peuvent en effet demander à leur assurance une aide juridique pour payer les frais de justice. Un avocat participe ensuite aux démarches pour porter plainte et faire les expertises en vue de l'indemnisation. "Je les ai contactés en décembre pour leur dire que j'étais au Bataclan et que j'avais besoin d'une aide juridique", explique-t-elle au micro d'Europe 1. "La dame qui s'occupe de mon dossier m'a demandé : 'pourquoi vous avez porté plainte ? Ils sont tous morts, les terroristes.' Cette personne-là me disait aussi qu'elle était pressée de clôturer mon dossier. Etant donné que je n'étais pas blessée, elle ne voyait pas trop l'intérêt de ma démarche, elle ne comprenait pas", raconte-t-elle.

"J'ai l'impression qu'ils me torturent psychologiquement". Aujourd'hui, son assurance lui refuse donc cette aide juridique. D'un point de vue légal, elle en a parfaitement le droit : rien ne l'oblige à assurer qui que ce soit. "Ils me disent juste que je n'en ai pas besoin. Je le vis très mal. Ça me crée vraiment beaucoup d'insomnies, de crises d'angoisse, je n'avais pas besoin de ça", continue Catherine. "J'ai l'impression qu'ils me torturent psychologiquement et ça rajoute en plus à ce que je dois vivre maintenant."

Une cinquantaine de cas similaires. L'association Paris Aide Aux Victimes estime qu'une cinquantaine de personnes sont dans le même cas que Catherine