Rentrée universitaire : toujours plus d'étudiants et enfin un effort budgétaire

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Rentrée universitaire : toujours plus d'étudiants et enfin un effort budgétaire
Des étudiants ont lancé le tumblr "Ma salle de cours va craquer" pour dénoncer leurs conditions d'études@ Capture d'écran Masalledecoursvacraquer.tumblr.com
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Cette année, l'augmentation du nombre d'étudiants dans l'enseignement supérieur s'accompagne d'une hausse budgétaire de 100 millions d'euros. 

L'université accueille cette rentrée quelque 30.000 étudiants supplémentaires. Une hausse continue qui s'accompagnera en 2017 d'un effort budgétaire, salué par les acteurs du secteur mais jugé tardif et insuffisant.

Cent millions d'euros supplémentaires. La France compte donc environ 2,58 millions d'étudiants, à la fac, en classe prépa, dans les BTS et IUT ou les écoles. Cette démographie "anticipée" est "accompagnée" par "une hausse inédite du budget des universités de 100 millions d'euros" dès 2016, a déclaré le ministère de l'Education nationale, de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, avant la conférence de rentrée prévue mardi matin.

Ces 100 millions supplémentaires représentent en fait la somme que le gouvernement a renoncé à prélever sur les réserves des universités, comme elle l'avait fait début 2015, s'attirant alors les foudres des syndicats étudiants et de Conférence des présidents d'université (CPU) qui avait alors dénoncé un "hold-up financier".

Dans la droite ligne d'un mouvement d'investissement dans les universités. En juillet, la rue de Grenelle a en outre annoncé que 850 millions d'euros supplémentaires seraient affectés aux universités sur le budget 2017, pour faire face à l'augmentation importante du nombre d'étudiants, achever la création des 5.000 postes promis par François Hollande, augmenter le montant des bourses et le nombre de bénéficiaires, financer le gel des droits d'inscription, etc. Quelque 25.000 étudiants, qui n'avaient droit jusque-là qu'à l'exonération des frais d'inscription, bénéficient cette rentrée d'une bourse annuelle de 1.000 euros, grâce à une modification des barèmes.

Une démographie pas assez prise en compte. Depuis 2008, les effectifs ne cessent de croître dans l'enseignement supérieur, et si la hausse ralentit cette année (après +60.000 étudiants en 2015), elle devrait se poursuivre jusqu'à 2020 au moins, démographie oblige. Or, 30.000 jeunes en plus, "c'est l'équivalent d'une université de taille moyenne", note Alexandre Leroy, président de la Fage, un des deux principaux syndicats étudiants. Organisations étudiantes et présidents d'universités dénoncent régulièrement le sous-investissement dont souffre la fac française, coincée entre des frais d'inscription peu élevés (184 euros pour les licences) et l'insuffisance, à leurs yeux, de l'engagement de l'Etat.

"Nous aurons une rallonge significative sur le budget 2017, mais cela vient après quatre années de stagnation des moyens. Le gouvernement a pris acte du choc démographique, mais avec un peu de retard", estime le président de la CPU Jean-Loup Salzmann. 

Des amphis encore surchargés. Cette rentrée encore, nombre de facultés voient leurs amphis bondés, rapportent la Fage et l'Unef, l'autre grand syndicat. "Ce sont les plus précaires qui ne s'en sortent pas" et "les premières semaines voient un écrémage assez rude", déplore Alexandre Leroy. Son organisation réclame pour chaque élève au lycée un véritable travail d'orientation, dont l'absence est une des grandes faiblesses du système éducatif français. Les deux syndicats réclament des moyens supplémentaires, un milliard d'euros, dit Lilâ Le Bas, qui doit devenir cette semaine présidente de l'Unef.

Moins de tirages au sort. En revanche, ils notent tous deux une baisse du nombre d'étudiants se retrouvant sans affectation cette rentrée, grâce à une amélioration de la plateforme d'admission post-bac (APB). Les lycéens souhaitant s'inscrire dans les quatre filières les plus demandées (droit, psycho, médecine, sciences et techniques des activités physiques et sportives) devaient classer par ordre de préférence toutes les facultés de leur académie. Des discussions entre rectorats et facultés ont par ailleurs permis d'augmenter les capacités d'accueil.

Résultat, seule la filière Staps (sports) a dû procéder à un tirage au sort dans quelques universités. Le ministère ne comptait que 17 bacheliers généraux sans affectation au 15 septembre, à l'issue de la procédure complémentaire. Les bacheliers professionnels bénéficient pour leur part d'un nombre accru de places en BTS réservées, mais on est encore très loin du compte, estiment les syndicats étudiants. C'est en BTS que ces bacheliers ont le plus de chances de réussir leurs études supérieures, mais ils sont souvent écartés au profit de bacheliers généraux pour intégrer cette filière sélective.