Reims : un employé mis à pied d'un simple SMS par sa société

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Reims : un employé mis à pied d'un simple SMS par sa société
L'homme a été prévenu de sa mise à pied conservatoire par SMS @ JUSTIN SULLIVAN / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP
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"Nous vous confirmons votre mise à pied conservatoire à compter de ce jour, cordialement", indiquait le message reçu par un maître-chien employé par une société de gardiennage. 

Un maître-chien employé par une société de gardiennage sur un campus universitaire à Reims a été mis à pied en vue de son licenciement, par un simple SMS, a-t-on appris auprès de son avocat lundi. Cette version est partiellement contestée par son employeur.

Rajeunir l'effectif. Mercredi, un SMS est parvenu à cet employé de 38 ans, embauché en janvier : "Nous vous confirmons votre mise à pied conservatoire à compter de ce jour, cordialement", a rapporté son conseil, Me Emmanuel Ludot. "On est dans une époque où on veut simplifier les procédures et le code du travail, mais quand même...", a ironisé Me Ludot, qui a engagé des poursuites devant les prud'hommes de Reims afin de faire annuler la mise à pied, récupérer les jours de salaire perdus et obtenir des dommages et intérêts. Selon l'avocat, la société est connue pour sa pratique d'un turn-over important, s'appuyant sur des licenciements sans réels motifs afin de rajeunir régulièrement l'effectif et ainsi diminuer le volume des salaires.

"Nous lui avons téléphoné". Son employeur a pris prétexte de son désir d'échanger un jour de repos avec un collègue pour le licencier, affirme ce salarié. "J'ai de l'expérience et dans ma carrière je n'avais jamais vécu ça", témoigne-t-il. "Nous lui avons téléphoné pour lui dire qu'il était mis à pied, et devant son intention de tout de même venir travailler sans l'existence de confirmation écrite, je lui ai envoyé le SMS", se défend François Paroche, de la société DGSA International, son employeur. Selon François Paroche, le salarié n'effectuait pas assez de rondes et avait confié des clés à une personne extérieure à la société, justifiant un entretien préalable à licenciement pour faute lourde pour lequel une convocation lui a été adressée trois jours après ce SMS.

La version est contestée par le salarié. "Si cette société était aussi irréprochable, pourquoi y a-t-il des recours aux prud'hommes tous les six mois ?", a-t-il fait valoir.