Région Île-de-France : une charte de la laïcité fait débat

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Région Île-de-France : une charte de la laïcité fait débat
(Photo d'illustration.)@ AFP
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Une charte de la laïcité, qui s'appliquera notamment aux agents et aux associations, a fait débat au sein de la région. 

La région Ile-de-France a adopté jeudi soir une charte de la laïcité, provoquant des réactions outrées de l'opposition. Le texte, qui s'appliquera notamment aux agents et aux associations, a fait débat dans l'hémicycle, la gauche, minoritaire, dénonçant une "vision orientée de la laïcité".

Condamnation du FN au Front de gauche. Le texte de la charte a fait l'objet de débats houleux. Il "met au jour le choix délibéré de l'exécutif d'évincer systématiquement le sujet de la liberté religieuse et d'effacer par là toutes garanties de la libre expression par les usagers de leurs convictions religieuses, syndicales, politiques, philosophiques", a dénoncé le groupe écologiste dans un communiqué.

Même constat pour le Front de gauche, qui a déploré un "document dangereux qui dévoie la loi de 1905" et marque "la volonté de la région d'appliquer la loi de 2004 (encadrant le port de signes religieux à l'école) à tous les espaces régionaux". "Votre charte est au mieux une rustine usée, au pire un leurre pour faire croire que quelques invocations suffiront à régler un problème que vous n'osez pas nommer", a dénoncé le FN.

La signature de la Charte conditionnera l'octroi de subventions. Ce texte, baptisé "Charte régionale des valeurs de la République et de la laïcité", s'appliquera aux "agents régionaux", aux "organismes soutenus par la région", ainsi que "les utilisateurs et usagers des équipements et services publics régionaux". Seront par exemple concernés les îles de loisirs, ou lors de rencontres organisées par la Région, a indiqué le vice-président en charge du sport et de la vie associative, Patrick Karam.

"La signature, le respect et la promotion de la charte conditionneront l'attribution de toute subvention régionale", a-t-il ajouté. Les associations et le mouvement sportif seront "amenés à alerter les pouvoirs compétents des situations problématiques et dangereuses", a-t-il précisé.