Réforme du collège : cinq questions sur la mobilisation des profs mardi

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Réforme du collège : cinq questions sur la mobilisation des profs mardi
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Après la fronde politique, Najat Vallaud-Belkacem affronte mardi la contestation du monde enseignant.

Ce sont les premiers concernés mais on les a peu entendus jusqu'ici. Alors que la classe politique se déchire depuis trois semaines sur la réforme du collège et la refonte des programmes, les enseignants reprennent la main de la contestation, mardi, avec une grève qui s'annonce assez suivie. Que faut-il attendre de cette manifestation ? La ministre de l'Education nationale est-elle prête à renoncer à sa réforme ? Europe 1 vous résume les enjeux de cette journée de mobilisation nationale.

  • Qui fait grève ? Sept organisations syndicales sur neuf, qui représentent 80% des enseignants du second degré, ont appelé à manifester. Dans le détail, on trouvera côte à côte des syndicats qu'on n'a peu vu défiler ensemble : le SNES-FSU, majoritaire dans l'enseignement secondaire, le SNEP-FSU, le SNALC-FGAF, le SNFOLC, le SNETAA-FO, CGT Educ'action et SUD Education. A Paris, le défilé partira du Luxembourg mardi en début d'après-midi.

  • Le mot d'ordre est-il unitaire ? Non. Dans le clan des "totalement hostiles" à la réforme, qui demande le retrait pur et simple du texte, on trouve quatre syndicats SNALC, FO, Sud et CGT. Mais le  Snes-FSU,  premier syndicat du secondaire, demande, lui, une reprise "immédiate" des discussions.

  • Quelle sera l'ampleur de la mobilisation ? C'est LA grande question. "Sur le terrain, on est assailli de demandes de réunions et d’explications, on s’attend donc à quelque chose d’important", assure au Monde Frédérique Rollet, du SNES-FSU. Le premier syndicat du secondaire s'attend à la mobilisation de deux profs sur trois, mardi. "De nombreux enseignants nous disent être prêts à faire grève pour la première fois de leur carrière", renchérit François Portzer, président du Snalc.

  • La ministre est-elle prête à renoncer ? Certainement pas. "Cette réforme, qui a été validée en avril par le conseil supérieur de l'éducation, doit "entrer en vigueur - c'est nécessaire, c'est indispensable et c'est urgent - à la rentrée 2016 comme cela a toujours été prévu, telle quelle" a martelé la ministre de l'Education, dimanche, au Grand-Rendez-vous sur Europe 1-Le Monde-I-télé.

Najat Vallaud-Belkacem peut d'ailleurs compter sur le soutien affiché de sa famille politique. Si, dans un premier temps, le PS et ses collègues ministres semblaient aux abonnés absents, tout le monde est aujourd'hui prié de "mouiller le maillot" pour défendre NVB et le texte qu'elle défend. Il faut faire bloc, martèle François Hollande. Même l'un de ses prédécesseurs rue de Grenelle, Vincent Peillon, muet depuis son départ du gouvernement, y est allé de son message demandant "à tous de se mobiliser".

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  • Y a t-il des sujets en discussion ? Si la suppression des classes bilangues, l'avenir incertain des langues mortes ou la réforme afférente des programmes sont les points de friction les plus vifs, l'interdisciplinarité est le sujet qui inquiète le plus dans le monde enseignant. Avec les nouveaux enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI), qui associent plusieurs matières au sein d'une même leçon, les profs redoutent une mise en concurrence entre disciplines et enseignants et fustigent les intitulés "gadget" de ces futurs EPI. Ils craignent aussi que les réunions se multiplient sans heures supplémentaires comptabilisées. La locataire de la rue de Grenelle pourrait leur apporter des garanties sur ce point.

En revanche, Najat Vallaud-Belkacem ne fera aucune concession sur l'abandon des classes bilangues. Ces classes, qui permettent d'apprendre la LV2 dès la 6e, est "un dispositif dérogatoire" qui favorisait "quelques uns" des élèves et faisait oublier tous les autres", a-t-elle martelé, dimanche, invitée du Europe 1-Le Monde-I-télé.  Avec l'introduction de la LV2 dès la 5e, cet enseignement sera "proposé à tous les élèves", a ajouté NVB.

En attendant que chacun compte ses points, les syndicats pensent déjà à l'après. S'ils ne se sentent pas entendus, ils continueront à mettre la pression et promettent des occupations de collèges, et des grèves pendant les examens du brevet.