Redoine Faïd : des agents de l'administration pénitentiaire avaient pointé les risques d'évasion

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Dans un mail destiné à sa hiérarchie, un agent de l'administration pénitentiaire alerte sur "la menace sérieuse du passage à l'acte" de Redoine Faïd. 

Des défaillances du côté de l'administration pénitentiaire ont-elle favorisé l'évasion de Redoine Faïd ? Dans un mail obtenu par Le Figaroet LCI et daté du 22 juin, un agent de l'administration alerte sa hiérarchie pour accélérer le transfert du braqueur récidiviste, "au regard de la menace sérieuse du passage à l'acte" de Redoine Faïd.

Dans un premier message, l'agent pénitentiaire demande un transfert du détenu dans un autre centre. Mais l'administration lui répond qu'un tel transfert à Dijon ne sera pas possible avant septembre. "Le transfèrement aura lieu dans le courant du mois de septembre, dès lors que le contexte de l'établissement le plus adapté pour accueillir Redouane Faïd sera optimal", écrit l'administration. 

"Risque de violences très graves sur nos personnels". Un délai beaucoup trop long, selon l'agent. "Un transfert qu'à partir de septembre ne me paraît pas raisonnable au regard de la menace sérieuse du passage à l'acte du susnommé", alerte-t-il. "Nous prenons des risques graves et sérieux de trouble à l'ordre public, sans compter le risque de violences très graves, voire irréversibles sur nos personnels". Neuf jours plus tard, Redouane Faïd s'évadait de la prison de Réau à bord d'un hélicoptère. 

Alors que quelque 2.900 policiers et gendarmes sont actuellement mobilisés sur le territoire national pour tenter de retrouver Redoine Faïd, la ministre de la Justice Nicole Belloubet a confirmé lundi sur Europe 1 qu'elle avait demandé "à ce qu'une mission de l'inspection générale de la Justice se rende sur place dès aujourd'hui (lundi) et puisse voir comment les mesures de sécurité passives aient été défaillantes". Et d'ajouter : "Je ne prétends pas qu'il n'y a pas eu de défaillance". 

L'administration pénitentiaire appelle à "la responsabilité". Après ces fuites dans la presse, la Direction de l'administration pénitentiaire (DAP) en a appelé lundi à "la responsabilité de chacun" alors qu'une enquête est en cours. "Des extraits de mails ont été publiés. Ces extraits ne rendent pas compte de l'ensemble et de la complexité des échanges entre services: des raisons objectives ont motivé la décision de l'administration pénitentiaire", a indiqué la DAP à l'AFP. "En raison de l'enquête judiciaire et de la mission de l'inspection générale de la Justice, qui commence seulement ses travaux, la Direction de l'administration pénitentiaire ne peut donner le détail de ces motivations", a-t-elle indiqué. "Il en va de la responsabilité de chacun de respecter cette confidentialité alors que les enquêtes sont en cours", a-t-elle insisté.

La voiture blanche retrouvée brûlée. Selon les informations de BFM-TV confirmées par Europe 1, les gendarmes ont retrouvé lundi matin un Renault Kangoo blanc dans lequel avaient été aperçus les suspects au cours de leur fuite. La voiture a été découverte brûlée dans un champ de l'Oise. La police judiciaire s'est rendue sur place.