Rapport sur l'islam de France : "En aucun cas l'État ne doit régenter le culte musulman"

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Nicolas Cadène, rapporteur général de l'Observatoire de la laïcité, a lu le rapport de l'Institut Montaigne, dévoilé en exclusivité par Europe 1. Au micro de Matthieu Belliard, il estime que le culte musulman "doit uniquement être géré par les fidèles".

INTERVIEW

Le rapport de l'Institut Montaigne, dévoilé en exclusivité vendredi sur Europe 1, entend bien donner des pistes à Emmanuel Macron pour réorganiser l'islam de France. Surveiller les flux financiers liés au culte musulman, contrôler l'organisation des pèlerinages, collecter une taxe sur le halal… : voici les mesures prônées dans ce texte de plusieurs centaines de pages, que Nicolas Cadène a eu l'occasion de lire. Au micro de Matthieu Belliard, le rapporteur général de l'Observatoire de la laïcité estime cependant que l'État doit accompagner, mais en aucun cas gérer le culte.

Le culte "doit uniquement être géré par les fidèles". En vertu de la loi de 1905, "l'État ne peut pas et ne doit pas contrôler, régir, gérer le culte musulman mais en revanche, il est légitime qu'il puisse accompagner la structuration de l'islam comme de tout autre culte d'ailleurs, puisqu'il y a des relations permanentes entre religion et État, ne serait-ce que pour gérer les services d'aumônerie dans les hôpitaux, les armées, les internats, les prisons, ou pour gérer pour des raisons d'ordre public certaines manifestations religieuses dans la rue", explique l'auteur de La laïcité pour les Nuls. "Mais en aucun cas l'État ne doit régenter le culte lui-même, qui doit uniquement être géré par les fidèles eux-mêmes", répète-t-il à l'envi.

>> De 17h à 20h, c’est le grand journal du soir avec Matthieu Belliard sur Europe 1. Retrouvez le replay ici

Flux financiers : "surveiller" plutôt que "contrôler". Et Nicolas Cadène de prendre l'exemple de cette tour de contrôle des flux financiers et des dons, une sorte de "Tracfin islamique", préconisée par le rapport. "On peut renforcer, par des moyens fiscaux, la transparence qui existe mais qui n'est pas suffisante. Mais là encore, il ne s'agit pas pour l'État de directement contrôler les flux financiers mais simplement de les surveiller", insiste le spécialiste de laïcité.

Ces propositions chocs pour réformer l'islam de France :

Dans le même ordre d'idées, si l'État décide de réorganiser lui-même l'islam de France en nommant par exemple les représentants du culte, alors, prédit Nicolas Cadène, ceux-ci ne seraient "pas légitimes aux yeux des fidèles, qui se tourneront donc vers d'autres associations".