Quinze ans de prison requis contre un CRS accusé de viols, agressions sexuelles et corruption

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Quinze ans de prison requis contre un CRS accusé de viols, agressions sexuelles et corruption
Le CRS a été révoqué de la police. @ GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP
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Un CRS est jugé aux assises de Versailles pour avoir proposé à onze femmes, entre 2010 et 2013, des faveurs sexuelles en échange de l'annulation de leurs contraventions.

Il promettait d'effacer des procès-verbaux contre des faveurs sexuelles. Une peine de 15 années de réclusion criminelle a été requise vendredi aux assises à Versailles contre un CRS accusé entre autres de viols et d'agressions sexuelles sur onze femmes. Teddy Aristangele, 37 ans, révoqué depuis de la police, a "dévoyé l'uniforme dont il était si fier", il s'est comporté comme "un prédateur sexuel", "un pervers", a lancé l'avocat général Philippe Ferlet devant la cour d'assises des Yvelines, en demandant également l'interdiction définitive de toute activité dans la fonction publique à son encontre.

Quatre chefs d'inculpation. Le représentant de l'accusation a en outre demandé à la cour d'assises des Yvelines de condamner l'accusé à quinze ans de suivi socio-judiciaire avec obligation de soins. Ce policier d'une compagnie routière d’Île-de-France est accusé de viol sur l'une de ces femmes, d'agressions sexuelles sur celle-ci et sur quatre autres victimes, de corruption envers dix d'entre elles, et d'exhibition sexuelle devant une onzième victime. L'enquête avait débuté en 2013 par une plainte de l'une de ces femmes, avait expliqué l'avocat du policier, Me Laurent Barone.

Le prévenu a reconnu la "corruption passive" - avoir demandé des faveurs à dix automobilistes pour ne pas les verbaliser. S'il a fini par reconnaître également du bout des lèvres avoir agressé sexuellement quatre femmes, il nie toujours l'accusation la plus grave : avoir violé une jeune femme à deux reprises.

Des contrôles routiers sur des femmes alcoolisées. Le magistrat a décrit un "mode opératoire bien rôdé" : un contrôle routier, une menace de verbalisation suivie d'une promesse d'indulgence pénale "pour se présenter sous un bon jour, ne pas affoler" ses victimes puis "resserrer son étau sur elles", leur demander des faveurs sexuelles et, dans certains cas, les agresser. Teddy Aristangele a expliqué à la cour qu'il ciblait de "jolies" automobilistes, "bien habillées". Toutes étaient "vulnérables", a-t-il reconnu : l'une se trouvait seule avec ses jeunes enfants dans une voiture, les autres "avaient consommé de l'alcool, elles étaient en faute, je me servais de ce prétexte". Il a invoqué, comme élément déclencheur, le "manque de sexe à la maison" et le sentiment de toute-puissance que lui donnait l'uniforme : "Je me croyais irrésistible, je me disais 'Je peux faire ce que je veux'".