Qui est Nolan, le jeune Breton régionaliste qui a giflé Manuel Valls ?

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Qui est Nolan, le jeune Breton régionaliste qui a giflé Manuel Valls ?
Nolan, âgé de 18 ans, a giflé Manuel Valls mardi à Lamballe.@ Capture d'écran Twitter Le Télégramme
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Nolan, un jeune Breton âgé de 18 ans, a giflé Manuel Valls mardi. Son geste serait associé à des revendications régionalistes bretonnes.

Militant d’extrême droite, indépendantiste breton, ou simple jeune déçu de la politique ? Depuis mardi, l’homme qui a giflé Manuel Valls à Lamballe, dans les Côtes-d’Armor, est passé par tous les qualificatifs. Selon l’entourage du candidat à la primaire de la gauche, Nolan L. est un "jeune homme proche de l’extrême droite bretonne", et Manuel Valls l’a accusé personnellement d’être un partisan de Dieudonné et d’Alain Soral.

La "quenelle" de Dieudonné. Mais, si le jeune homme de 18 ans pose sur son profil Facebook en faisant une "quenelle" - un geste à connotation antisémite véhiculé par Dieudonné -, rien ne vient attester pour le moment sa filiation à la mouvance d’extrême droite. En garde à vue depuis mardi, Nolan a exprimé des "motivations régionalistes" et a revendiqué sa gifle au nom du "Comité patriote breton", inconnu des services de police, a rapporté la gendarmerie des Côtes-d’Armor. Les forces de l’ordre ont ainsi confirmé son lien avec la mouvance nationaliste qui demande la souveraineté du peuple breton.

La préférence régionale. Sur son profil Facebook, Nolan laisse d’ailleurs clairement afficher sa proximité avec les milieux indépendantistes bretons. Sa photo de couverture présente un drapeau régional, et son nom de profil est complété par le slogan "Bevet Breizh Divalc’h", qui signifie "Vive la Bretagne indépendante". Sa liste de "J’aime" atteste également de son penchant régionaliste. Lorsqu’il a giflé Manuel Valls mardi, Nolan a d’ailleurs déclaré : "Ici c’est la Bretagne !"



Des précédents. Proche de plusieurs groupes identitaires bretons, Nolan est fiché comme "étant susceptible de troubler la sécurité publique", selon LCI. Le jeune Breton n’en est d’ailleurs pas à son premier coup d’essai : le 22 juin dernier, lors de l’Euro de football, il fait pression sur un hôtel à Dinard, où loge l’équipe du Pays de Galles, pour que soit apposé sur la façade de l’établissement le drapeau breton, assure Le Parisien. Nolan soutient alors que "la Bretagne n’est pas la France", et agit déjà au nom du Comité patriotique breton. Le ton n’est pas particulièrement menaçant mais l’incident fait l’objet d’une note de renseignement transmise aux autorités locales. Le jeune homme est également connu des services de police mais pour un tout autre motif : en 2014, il a écopé d’un rappel à la loi pour usage de stupéfiants.

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Une publication de Nolan L. sur son compte Facebook en janvier 2016. 

"Une forme de rébellion". "C'est encore un ado. Comme beaucoup de jeunes de sa génération, il n'est pas vraiment en phase avec notre société", a confié le père de Nolan au Parisien. Pour ce dernier, la gifle de son fils donnée à l’ex-Premier ministre est avant tout une "forme de rébellion". "Il n’y a pas de haine. Ce n’est pas un gamin méchant. Je pense que c'est le fait de la proximité avec Manuel Valls qui a fait qu'il est passé à l'acte. Je sais que le système actuel ne lui convient pas", en conclut-il. Jeune sapeur-pompier volontaire, Nolan aurait d’ailleurs déclaré en garde à vue qu’il n’aimait pas "la manière dont Manuel Valls traitait les citoyens", ont rapporté les forces de l’ordre.

"Un militant à ses heures perdues". Nolan est loin d’être un activiste politique de premier plan, affirme également Le Point. Citant une source proche de l’enquête, il serait davantage un "petit délinquant, propagandiste et militant à ses heures perdues dans des groupuscules indépendantistes bretons", comme le SKB. Loin du militantisme, le geste de ce jeune Breton serait-il alors empreint d’un rejet de la politique associé à un fort sentiment régionaliste ? En tous les cas, poursuivi pour "violences volontaires sur une personne chargée d'une mission de service public", Nolan a accepté mercredi la peine proposée par le procureur. Il écope de trois mois de prison avec sursis, 105 heures de travail d'intérêt général et doit verser un euro symbolique à Manuel Valls.