Le littoral s'inquiète avant la "marée du siècle"

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Le littoral s'inquiète avant la "marée du siècle"
@ AFP
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LE COMPTE A REBOURS - Dans certaines communes frappées par la tempête Xynthia, les habitants ne se sentent pas protégés.

Si vous habitez sur le littoral normand, breton, vendéen ou aquitain, vous en avez forcément entendu parler. Dès vendredi, les coefficients de marée vont être exceptionnellement élevés, jusqu'au 21 mars, date de "la marée du siècle" - la toute première du 21ème siècle. Un événement qui inquiète particulièrement les communes ravagées par des tempêtes, comme Xynthia en 2010. Explications et témoignages.



La première "marée du siècle". L'expression "marée du siècle" pour la marée prévue le 21 mars est abusive car de telles marées se produisent en réalité tous les 18 ans. Ainsi, la dernière marée du siècle remonte au 10 mars 1997. La marée du 21 mars sera, en tout cas, la première du siècle, la prochaine étant programmée… le 3 mars 2033. Cette marée sera d'un coefficient de 119, soit quasiment le maximum possible - les coefficients sont compris entre 20 et 120. Dès jeudi, les coefficients de marée vont dépasser les 110. En 2015, il y aura au total 40 jours de marées à coefficients supérieurs à 100, un phénomène qui s'explique par des configurations astrales particulières.

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"Nous, on est en danger". Dans de nombreuses communes qui ont connu la tempête Xynthia le manque de préparation pour faire face à cette "marée du siècle" inquièteA Esnandes, en Charente-Maritime, où Xynthia avait tué un homme, en 2010, il manque toujours deux kilomètres de digue pour protéger le village.

"Nous, on est en danger, c'est clair. Tout est fermé partout sauf à Esnandes", s'alarme Catherine Raud, la présidente de l'association du littoral esnandais rencontrée par Europe1. "Il y a 183 maisons qui risquent d'être impactées. S'il y a un risque majeur, on évacue tout", précise-t-elle.

Une épée de Damoclès. A huit kilomètres d'Esnandes, à Charron, où Xynthia a fait trois victimes et détruit plus de 185 maisons, des kilomètres de digue font également toujours défaut. "La digue nord n'a pas été réalisée donc cela fait un trou béant", dénonce Pascal Proux de l'Association pour l'urgence de la sauvegarde et l'essor de Charron. "S'il y a un Xynthia moins dix ou moins quinze, cela sera beaucoup plus dangereux parce que cet endroit va servir d'entonnoir vu que du côté de la Vendée, les digues ont été surélevées", s'inquiète-t-il. "On a tiré les sonnettes d'alarme partout, toute la côte a été protégée mais nous, rien, rien, rien", déplore-t-il. 

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Ici comme ailleurs, on ne craint pas seulement "la marée du siècle" mais aussi toutes les marées à fort coefficient de ce printemps. Si elles se conjuguent à des tempêtes, elles font redouter le pire.