Quatre vigiles de Carrefour mis en examen

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Quatre vigiles de Carrefour mis en examen
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Le parquet de Lyon a parlé jeudi de violences "disproportionnées", après la mort par asphyxie d'un jeune homme de 25 ans.

Les quatre vigiles qui travaillaient dans le supermarché Carrefour de la Part-Dieu à Lyon, ont été mis en examen jeudi pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner", après le décès par asphyxie d'un jeune homme qu'ils avaient interpellé lundi à Lyon. Ils ont tous été placés en détention provisoire, ont précisé leurs avocats. Ils seraient à l’origine du décès d’un jeune homme de 25 ans qu’ils avaient contrôlé lundi dans le magasin.

Le parquet de Lyon a indiqué jeudi qu’il disposait d’une vidéo accablante pour les quatre vigiles. Cet enregistrement vidéo, réalisé dans la pièce où le jeune homme a été mis à l’écart par les agents de sécurité, révèle des violences "disproportionnées", a assuré le procureur adjoint de Lyon, Jean-Pierre Dages-Degranges. "Ces faits sont très choquants, mourir pour une canette de bière ce n'est pas acceptable", a ajouté le magistrat en demandant le placement en détention provisoire des quatre vigiles.

Me David Metaxas, l’avocat des vigiles, avait au contraire défendu le professionnalisme des agents de sécurité jeudi matin sur Europe 1. "C’est leur métier. Ils le réalisent tous les jours, plusieurs fois par jour. J’ai vu les images et j’attends qu’on vienne me prouver, qu’on me vienne me dire que ce n’est pas vrai. J’ai vu des scènes d’opposition mais je n’ai pas vu de violences", avait assuré l’avocat.

Retour sur les faits : lundi, vers 18h15, Michaël B., un jeune marginal de 25 ans logé dans un foyer, est intercepté alors qu'il est en train de voler des bouteilles de bière, selon la direction du supermarché. Les agents de sécurité lui ont reproché "d'être un voleur par habitude", soulignant que ce n'était "pas la première fois qu'(ils) le pren(aient)". Mais le parquet de Lyon a précisé qu’il n’avait reçu aucune plainte de Carrefour le concernant.

Le jeune homme a ensuite été conduit dans un local de sécurité. C’est là que les vigiles lui ont "tapé le buste" contre "une table". "A trois, ils lui ont appuyé sur le dos en lui maintenant les bras écartés", pendant "environ 15 minutes", a raconté le procureur de Lyon. "Au début, [le jeune homme] se débat, il pousse des cris puis, peu à peu, il ne dit plus rien et au bout d'un moment il est complètement inerte. La pression continue", a ajouté le magistrat.

"Six minutes" se seraient ainsi écoulées entre le moment où le jeune homme "ne râle plus" et celui où les vigiles se préoccupent de son sort, un délai qui "rendr(a) irréversible toute tentative de réanimation" malgré l'arrivée du SAMU et des pompiers. Michaël B. est décédé le lendemain à l’hôpital. L’autopsie a montré qu’il était "mort d'une asphyxie mécanique par compression de la cage thoracique" et portait des hématomes "au bras et au front".

Les quatre vigiles sont âgés de 32 à 48 ans. S’ils sont reconnus coupables de violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec la circonstance aggravante que les faits ont été commis en réunion, ils risquent jusqu’à vingt ans de prison.

"J'ai demandé à ce qu'on aille plus loin dans l'organisation d'un agrément pour que soit clairement posé le problème de la formation des agents de sécurité privés", a déclaré le ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux au cours d'un déplacement à Vélizy, dans les Yvelines sur le thème de la sécurité.