Quand les institutions font appel aux détectives privés

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Quand les institutions font appel aux détectives privés
Le cabinet de détectives Duluc, l'un des plus connus en France.@ BERTRAND GUAY / AFP
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Les nouveaux clients des détectives sont désormais des mairies, des entreprises, des gares, des préfectures et parfois même des ministères.

Les détectives privés élargissent leur clientèle. Ils sont en effet de plus en plus souvent employés par des mairies ou des institutions publiques. On vous parlait par exemple récemment de ces détectives embauchés pour traquer les fraudeurs à l’assurance maladie. La ville de Roubaix a, pour sa part, annoncé qu'elle avait fait appel aux services d’un détective pour retrouver les individus qui déposent des ordures n'importe où dans la ville. En Haute Loire, les détectives traquent les ouvriers illégaux. Ce type d'enquête est même devenu une part non négligeable de leur chiffre d'affaires.

Un chiffre qui a doublé en deux ans. Ces activités représentent aujourd'hui près de 10% de l'activité des détectives privés. Un chiffre qui a doublé en deux ans. Les nouveaux clients sont désormais des mairies, des entreprises, des gares, des préfectures et parfois même des ministères. Des institutions qui se disent victimes de vols, d’incivilités, de fraudes. Autant de petits délits que la police a de moins en moins le temps de traiter.

"Ils savent surveiller et être discrets". Ce qu'a très bien compris Thierry Grimaldi, patron d'une fédération du BTP dans le Rhône, qui fait appel à des détectives privés pour traquer les chantiers illégaux qui lui font concurrence. "La police, en ce moment, avec le plan Vigipirate est bien occupée. Donc ce n'est peut-être pas la peine de les mettre là-dessus. Et l'Etat n'a pas les moyens, il y a des réductions d'effectif sans arrêt. Nos détectives privés sont bien formés. Ils savent surveiller et être discrets. Donc je suis bien content. C'était vraiment à faire", estime-t-il.

Un métier en voie de professionnalisation. Il faut dire que depuis quelques années le métier sent moins le souffre. Un détective privé a aujourd'hui une carte de professionnel et reçoit l'agrément du ministère de l'Intérieur. Résultat : ils ne sont plus que 600, soit cinq fois moins nombreux qu’il y a quelques années, témoignage le patron de leur syndicat, Jean-Emmanuel Derny.

"Il y avait beaucoup de farfelus. Il y avait des détectives qui n'exerçaient pas vraiment. Il y avait des voyous. Ce n'était pas forcément les plus mauvais enquêteurs. Mais c'est fini le ‘pas vu pas pris’, on voit ça dans les films, l'enveloppe avec les sous dans une enveloppe kraft, les photos dans une autre enveloppe kraft et on fait l'échange", réagit-il.

Autre cliché qui a la vie dure : les histoires d'adultère. Si elles sont minoritaires désormais, le détective nous confie qu’il a su fidéliser sa clientèle grâce à ce genre d’affaire. Car aujourd'hui, certains élus qui font appel à ses services sont aussi d'anciens maris trompés.