Procès Viguier : "un crime improvisé", selon deux avocats de l'accusation

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Procès Viguier : "un crime improvisé", selon deux avocats de l'accusation
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Deux avocats des parties civiles au procès du professeur de droit toulousain Jacques Viguier, jugé pour meurtre aux assises, ont évoqué mardi "une querelle qui a mal tourné" et un "crime improvisé" pour expliquer la disparition en 2000 de l'épouse de l'accusé.

Jacques Viguier est coupable, mais pas de meurtre : c’est ce qu’ont voulu démontrer les avocats de l’accusation lors de leurs plaidoiries. "Il s'agit d'un homicide imprévu, une querelle conjugale qui a mal tourné", "une explication vive, véhémente, et un coup qui va générer du sang", a plaidé Me Guy Debuisson, l'un des avocats des soeurs de la disparue. Ce qui correspond selon eux à des violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, un délit passible de 15 ans de réclusion contre 30 pour un homicide volontaire.

"C'est un crime improvisé", a lancé un autre avocat des parties civiles, Me Francis Spizner. "Jacques Viguier ne fera pas le choix d'appeler la police pour dire qu'il a commis un geste malheureux, non, il a choisi le silence et s'est condamné à improviser", a-t-il estimé.

Les deux avocats ont également qualifié de "loufoques" les hypothèses de "crime crapuleux", de "mauvaise rencontre" ou de "départ volontaire". "Tout converge vers Jacques Viguier", a conclu Me Spizner car "il est le seul en conflit avec sa femme, il est seul à quatre heures du matin quand elle rentre". Pour les deux avocats le mobile est clair: "Jacques Viguier ne supporte pas que sa femme finisse par s'émanciper et veuille divorcer".

La fratrie s’est montrée soudée autour de Jacques Viguier depuis le début du procès. Pour les trois enfants du couple Viguier, qui ont témoigné mardi matin, l'hypothèse d'une fugue de leur mère ou d'un accident est à envisager bien avant celle du meurtre. Mais la question centrale pour les trois enfants, qui avaient 9 et 11 ans au moment de la disparition de Suzanne, est "où est leur mère?". "J'ai essayé de me poser la question sérieusement de la culpabilité de mon père, mais je n'ai pas trouvé depuis de raisons de le croire", a dit Guillaume, 16 ans. "Dans cette histoire, on a jamais vraiment cherché ma mère, je veux dire son corps", a-t-il ajouté. "Au lieu de chercher ma mère, (les policiers) ont cherché la culpabilité de mon père."

Mercredi après-midi seront entendus le réquisitoire de l'avocat général, Marc Gaubert, et la plaidoirie d'un des deux avocats de la défense. Le verdict est attendu jeudi.