Procès Goodyear : "la relaxe et uniquement la relaxe", demande l'un des condamnés

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Le procès en appel des huit salariés de Goodyear condamnés à de la prison ferme s'ouvre mercredi, l'un d'entre eux appel à une "justice pour tous" cette fois-ci.

Des centaines et même des milliers de personnes pourraient faire le déplacement devant le tribunal d'Amiens pour soutenir les huit salariés de l'usine Goodyear condamnés à neuf mois de prison ferme. À l'annonce de leur licenciement, ils avaient séquestrés sans violence deux cadres pendant 30 heures. Ils ont fait appel de cette peine sévère et espèrent mercredi la relaxe comme l'explique à Europe 1 le délégué CGT, Mickaël Wamen.

Une condamnation incompréhensible. "Ça représente une journée incontournable dans nos vies. Dans nos vies personnelles parce que quand vous êtes licencié, chômeur et en plus condamné à une possible peine de prison ferme, ça vous détruit une partie de votre mental. Moi le 12 janvier dernier, quand j'ai appris la condamnation, j'ai d'abord été un peu choqué, j'ai un peu été abasourdi. Mais j'ai décidé de relever la tête, parce que c'est plutôt mon caractère." Convaincus d'avoir servi d'exemple, les huit salariés ont immédiatement fait appel de cette peine particulièrement sévère que même le Premier ministre Manuel Valls avait, à l'époque, qualifiée d'"indéniablement lourde".

Une peine pour l'exemple. "Et pourquoi on a été condamnés ? Parce qu'il fallait montrer l'exemple, il fallait que le gouvernement tape très fort au mois de janvier parce qu'il y avait derrière la loi Travail et qu'il fallait qu'il fasse passer un message à tous les militants de France et de Navarre. 'Soit vous bougez, soit vous restez sages. Mais si vous bougez, vous avez vu ce qui est arrivé aux Goodyear, ça pourrait vous arriver demain'". Une condamnation en forme de menaces pour anticiper tous les débordements qui ont eu lieu par la suite en marge des manifestations contre le projet de loi, d'après le syndicaliste. 

Ce qu'il attend de ce nouveau procès ? "La relaxe et uniquement la relaxe. Une justice au service de tous plutôt qu'une justice de classe." Pour les soutenir dans cette nouvelle procédure, Jean-Luc Mélenchon, candidat du mouvement "la France insoumise" et Philippe Martinez, le numéro un de la CGT, sont attendus.