Procès Fiona : le père de la fillette accuse la mère et son ex-concubin de cacher la vérité

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Procès Fiona : le père de la fillette accuse la mère et son ex-concubin de cacher la vérité
Nicolas Chafoulais, le père de Fiona, lors du procès de Cécile Bourgeon, son ex-compagne, et de Berkane Makhlouf, aux assises du Puy-de-Dôme.@ AFP
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Une semaine après le début du procès devant les assises du Puy-de-Dôme de Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf, la cause de la mort et l'emplacement du corps de Fiona restent inconnus. Devant la cour, le père de l'enfant laisse éclater sa colère. 

"Je suis persuadé qu'elle sait où est ma fille". Lundi, le père de Fiona s'est dit convaincu que la mère de l'enfant et son ex-concubin, jugés devant les assises du Puy-de-Dôme pour la mort, en 2013 de la fillette de 5 ans, faisaient obstacle à la vérité. Après cinq jours de procès, la cause de la mort et l'emplacement du corps de Fiona restent inconnus. Entendu pendant plus de deux heures à la barre comme témoin, Nicolas Chafoulais a fixé à plusieurs reprises son ancienne compagne avant de l'interpeller les yeux dans yeux, lorsque celle-ci s'est mise à bredouiller de plates excuses.

"Tu sais très bien où elle est !". Pour parler, il s'agrippe à la barre. "Tu le sais très bien (où elle est). Arrête !", lance Nicolas Chafoulais à son ex-compagne. "Vous le savez très bien, comme vous savez très bien ce que vous avez fait à Fiona", ajoute le père de Fiona. "Si elle ne le dit pas, c'est qu'elle a une raison". Vêtu d'un sweat à capuche gris, une paire de lunettes rouges sur le nez, le jeune homme de 31 ans a raconté d'une voix chevrotante la naissance de sa fille, "le plus beau jour de (sa) vie".

Alors sans emploi, c'est lui qui s'occupe de Fiona et de sa petite sœur avant sa séparation avec la mère des enfants. "Ma fille, elle était pas compliquée. Le matin, je lui faisais des câlins, elle prenait son bol de céréales (...), je la peignais, pas des coiffures magnifiques, hein, avant de l'amener à l'école. C'était une vie normale", se remémore le jeune père, tandis que l'émotion envahit la salle d'audience. 

"J'avais un petit espoir". Le père de Fiona, qui a obtenu depuis la garde exclusive d'E., la soeur de Fiona, s'est également dit pessimiste sur la possibilité de lui donner un jour une sépulture. "J'avais un petit espoir mais je suis sûr que ça ne se passera pas", regrette celui qui fut un temps soupçonné d'avoir kidnappé Fiona. Lorsqu'ils étaient en couple, Cécile Bourgeon lui reprochait à l'époque "d'en avoir que pour Fiona". "Manipulatrice" et "sujette aux crises de colère" lorsqu'elle n'avait plus de "porte de sortie", Cécile Bourgeon "embobinerait" désormais la cour, estime-t-il.

De grands yeux bleus. Selon lui, Fiona serait décédée "parce qu'elle lui ressemblait", la fillette partageant avec son père de grands yeux bleus. "Ma fille , elle méritait pas ça. Je pense que je m'en voudrais toute la vie", assène-t-il, avant de verser des larmes. Cécile Bourgeon et Berkane Makhlouf sont notamment accusés de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner sur mineure de moins de 15 ans, par ascendant ou par personne ayant autorité. Ils encourent 30 ans de réclusion criminelle.

Le verdict est attendu vendredi soir.