Procès des "Loups blancs" : des peines jusqu'à neuf ans, Ayoub relaxé

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Procès des "Loups blancs" : des peines jusqu'à neuf ans, Ayoub relaxé
Serge Ayoub (au centre), ancien leader du groupuscule d'extrême droite Troisième Voie, a été acquitté pour son activité avec les Loups blancs.@ MIGUEL MEDINA / AFP
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Entre 2012 et 2014, le groupuscule d'extrême-droite s'était livré à des actes de vols, de violences gratuites et de lynchages sur des groupes rivaux ou des personnes d'origine étrangère.

Le tribunal correctionnel d'Amiens a condamné jeudi Jérémy Mourain, le chef du clan néo-nazi des "Loups blancs", à neuf ans de prison, mais a relaxé Serge Ayoub, son mentor, du chef de complicité de violences aggravées. Déjà en détention provisoire avant le début du procès, Jérémy Mourain restera en prison.

Les autres membres du clan à ses ordres ont écopé de peines variables allant de six mois avec sursis à cinq ans et une femme a été relaxée. Le cofondateur du White Wolves Klan, Jérôme Bailly, a été condamné à trois ans d'emprisonnement assorti d'un mandat de dépôt.

Le "vernis idéologique" nazi. Le jugement est légèrement plus clément que les réquisitions du procureur, qui avait demandé dix ans d'emprisonnement pour Jérémy Mourain, mais bien la relaxe pour Serge Ayoub. Dix-huit prévenus comparaissaient à ce procès, pour organisation ou participation à un groupe de combat, association de malfaiteurs ou encore violences.

Sous le "vernis idéologique" nazi révélé par l'enquête, les vols, violences gratuites et lynchages contre les groupes rivaux, les personnes d'origine étrangère et même les membres du groupe réfractaires ont fait le quotidien du clan entre 2012 et 2014.

Fonctionnement paramilitaire. Créé début 2013 à Ham, dans la Somme, le WWK est né sur les cendres de Troisième Voie, autre groupuscule qui avait à sa tête Serge Ayoub, ancien chef des skinheads d'extrême droite parisiens et des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), et mentor de Jérémy Mourain.

Cette organisation avait été dissoute en juillet 2013 par décret du gouvernement après la mort du militant d'extrême gauche Clément Méric en juin 2013 à Paris, au cours d'une rixe dans laquelle étaient impliqués certains de ses membres.