Exhibition sexuelle : trois Femen relaxées, unre première

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Exhibition sexuelle : trois Femen relaxées, unre première
Une des Femen qui a accueilli Strauss-Kahn en février 2015 au Palais de justice de Lille.@ DENIS CHARLET / AFP
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Cette relaxe ne représente pas forcément une jurisprudence, tempère l'avocate des Femen, Me Rébérioux. 

Les trois Femen qui avaient accueilli seins nus Dominique Strauss-Kahn en février 2015 lors de son arrivée au palais de justice de Lille où il comparaissait pour proxénétisme, ont été relaxées mercredi, a-t-on appris auprès de leur avocate.

Relaxe. "C'est la première décision de relaxe sur des poursuites de Femen du chef d'exhibition sexuelle", a affirmé Me Valentine Rébérioux, qui s'est félicitée que le tribunal n'ait pas "condamné des militantes politiques pour des actions politiques du chef d'exhibition sexuelle". Le parquet de Lille, qui avait requis trois mois de prison avec sursis et 1.000 euros d'amende, s'était porté partie civile.

"Manifestation politique". "Il ne faut pas confondre agression sexuelle et manifestation politique. Ce sont des actions politiques qui ont pour mode d'expression d'être torse nu et ça s'arrête là. Il ne faut pas dénaturer leur acte pour transformer cela en agression sexuelle", a poursuivi leur avocate. 

Pas de jurisprudence. Il s'agit de la première décision de relaxe de militantes Femen, alors que deux condamnations, dont les militantes ont fait appel, ont été prononcées. L'une concerne une action qui avait eu lieu en juin 2014 au musée Grévin où une Femen, poursuivie pour exhibition sexuelle et dégradation après avoir endommagé la statue de cire de Vladimir Poutine, a été condamnée à 1.500 euros d'amende. Une ancienne militante a également été condamnée à un mois de sursis pour une action à l'église de la Madeleine en décembre 2013 à Paris. "On espère que les cours d'appel qui auront à juger des cas d'exhibition sexuelle de militantes Femen pourront prendre connaissance de cette décision, mais je ne suis pas sûre qu'on puisse parler de jurisprudence", a tempéré Me Rébérioux.