Procès Bettencourt : la parole à la défense

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Procès Bettencourt : la parole à la défense
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Ouvert le 26 janvier, ce procès hors normes entre dans sa dernière ligne droite avec les plaidoiries des avocats des dix prévenus jugés dans ce volet "abus de faiblesse" de l’affaire.

Procès Bettencourt, dernière ligne droite. Après quatre semaines de débats intenses, ce procès hors normes entre dans sa dernière phase lundi à Bordeaux avec les plaidoiries de la défense des dix prévenus.Tous sont soupçonnés, à des degrés divers, d'avoir profité à de la vulnérabilité de Liliane Bettencourt, la milliardaire et héritière de l’empire L’Oréal. La ribambelle d'avocats de la défense devrait plaider jusqu'à mercredi, avant la mise en délibéré de la décision par le Tribunal correctionnel de Bordeaux,

L’avocat d’Eric Woerth pour ouvre le bal. C’est l'avocat de l'ex-ministre UMP, Eric Woerth, dont la relaxe a été requise par le procureur adjoint, qui devrait ouvrir le bal de ces plaidoiries. Le député de l'Oise est poursuivi pour "recel" d'une somme que lui aurait remise en 2007 l'ex-gestionnaire de fortune de la milliardaire, Patrice de Maistre. L’homme politique était alors trésorier de la campagne du futur président Nicolas Sarkozy, initialement mis en examen dans cette affaire puis finalement mis hors de cause.

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Puis d’autres prévenus pour qui la relaxe a été requise. Les conseils de l'avocat Pascal Wilhelm et de l'entrepreneur audiovisuel Stéphane Courbit, tous deux poursuivis pour "abus de faiblesse" aux dépens de Liliane Bettencourt, pour l'avoir notamment incitée à réaliser un investissement de 143 millions d'euros dans la société du second, devraient également plaider lundi. Le parquet a requis la relaxe en faveur des deux hommes.

Se succèderont ensuite jusqu'à mardi les avocats de Carlos Vejarano, gestionnaire de l'île seychelloise d'Arros, contre qui deux ans de prison et 375.000 euros d'amende ont été requis, du compagnon du photographe François-Marie Banier, Martin d'Orgeval, sur qui plane une peine requise de trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et 375.000 euros d'amende, ainsi que des notaires Jean-Michel Normand, pour qui le procureur a demandé un an avec sursis et 50.000 euros d'amende, et Patrice Bonduelle, dont le procureur a requis la relaxe.

Les défenseurs de Banier et de Maistre, clou du "spectacle". Mercredi, la parole sera à la défense des deux principaux prévenus. D'abord l'homme de confiance de la milliardaire, Patrice de Maistre, poursuivi pour des "abus de faiblesse" portant sur 12 millions d'euros et "blanchiment". Le procureur adjoint a réclamé à son encontre trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et 375.000 euros d'amende.

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Et, enfin, le photographe François-Marie Banier, principale cible du parquet, contre lequel la peine maximale de trois ans de prison et 375.000 euros d'amende a été requise. L'ex-confident de Liliane Bettencourt est poursuivi pour "abus de faiblesse". Il est soupçonné d'avoir obtenu de la vieille dame plus de 400 millions d'euros en assurances-vie, donations divers, oeuvres d'art, etc, ainsi que pour "blanchiment".

Concernant l'ex-infirmier de la milliardaire, Alain Thurin, entre la vie et la mort depuis une tentative de suicide le 25 janvier à la veille de l'ouverture du procès, le parquet a demandé qu'il soit jugé ultérieurement. Le ministère public a toutefois rappelé avoir requis un non-lieu à son égard à l'issue de l'instruction.

Trois autres volets à venir. Outre "l'abus de faiblesse", trois autres volets de l'"affaire Bettencourt" seront jugés ultérieurement à Bordeaux : dès le mois de mars (du 23 au 25), le volet "trafic d'influence", dans lequel sont renvoyés Patrice de Maistre et Eric Woerth. Viendra ensuite les 8 et 9 juin, le volet "violation du secret professionnel", qui verra comparaître la juge d'instruction Isabelle Prévost-Desprez. L'ancien majordome Pascal Bonnefoy et cinq journalistes doivent enfin comparaître à une date encore indéterminée pour "atteinte à la vie privée".