Procès AZF : le parquet fait appel de la relaxe

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Procès AZF : le parquet fait appel de la relaxe
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"C'est un devoir absolu à l'égard de toutes les personnes décédées et de toutes les victimes", a précisé le parquet de Toulouse.

Il y aura bien un deuxième procès AZF. Le parquet va faire appel du jugement de relaxe générale prononcée jeudi par le tribunal correctionnel de Toulouse dans le procès de l'explosion de l'usine AZF qui a fait 31 morts en 2001, a annoncé vendredi le procureur de la République, Michel Valet.

"C'est un devoir absolu à l'égard de toutes les personnes décédées et de toutes les victimes", a-t-il dit. "Le ministère public fait appel, au nom de la conviction très forte, de l'existence à l'origine des événements du 21 septembre de fautes et négligences multiples et caractérisées, engageant la responsabilité pénale démontrée de la société Grande Paroisse et de son directeur", a ajouté le procureur.

Le tribunal avait relaxé jeudi l'ancien directeur de l'usine AZF, Serge Biechlin, et la société Grande Paroisse (groupe Total), propriétaire de l'usine, "au bénéfice du doute". Un jugement qui avait provoqué colère et incompréhension chez les parties civiles. Plusieurs associations de victimes de la catastrophe avaient déclaré, jeudi, qu'elles comptaient demander au parquet de faire appel. Celui-ci était le seul à pouvoir enclencher la procédure pour un deuxième procès, dans un délai de dix jours.

En juin dernier, une peine de 225.000 euros d'amende - le maximum prévu par la loi contre une personne morale pour "homicides et blessures involontaires" - avait été requise contre Grande Paroisse. Trois ans de prison avec sursis et 45.000 euros d'amende avaient été demandés contre Serge Biechlin.

L’explosion de l’usine AZF a fait au total 31 morts. Plus de 3.000 constitutions de parties civiles ont été enregistrées. Devant la justice, quelque 20.000 dommages corporels et 71.000 dommages matériels ont été déclarés, pour lesquels Total a déjà versé 2 milliards d'euros.

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