Prison avec sursis confirmée en appel pour le psychiatre d'un schizophrène meurtrier

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Prison avec sursis confirmée en appel pour le psychiatre d'un schizophrène meurtrier
Poursuivi pour homicide involontaire, le psychiatre, septuagénaire et retraité, n'était pas présent à l'énoncé du délibéré.@ JACQUES DEMARTHON / AFP
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En 2008, un homme de 26 ans avait été tué par le patient schizophrène du psychiatre, condamné mardi à 18 mois de prison avec sursis par la cour d'appel de Grenoble. 

La cour d'appel de Grenoble a confirmé mardi la condamnation à 18 mois de prison avec sursis d'un psychiatre du Centre hospitalier de Saint-Egrève, en Isère, dont un patient schizophrène avait tué un passant il y a bientôt dix ans. L'arrêt, rendu presque cinq mois après l'audience, a été accueilli avec "soulagement" par la famille de Luc Meunier, cet étudiant en génie mécanique de 26 ans mort pour voir croisé dans les rues de Grenoble, la route du malade mental ce 12 novembre 2008.

Une décision qui risque de "bouleverser la pratique" psychiatrique. Poursuivi pour homicide involontaire, le Dr Lekhraj Gujadhur, aujourd'hui septuagénaire et retraité, n'était pas présent à l'énoncé du délibéré. Son avocat a fait part de sa "grosse déception" et devait étudier l'arrêt de la Cour d'appel mais "c'est assez probable qu'on se pourvoit en cassation", a déclaré Me Jean-Yves Balestas. Cette condamnation d'un psychiatre hospitalier est une première en France et "va bouleverser la pratique" psychiatrique par crainte de poursuites judiciaires, a estimé l'avocat.

Il a acheté un couteau et tué le premier venu. Le jour du drame, Jean-Pierre Guillaud, 56 ans, atteint de psychose délirante chronique depuis près de quatre décennies et déjà auteur d'agressions à l'arme blanche, mais autorisé à des sorties non surveillées dans le parc de l'établissement, s'en était échappé sans difficulté. Il prenait alors le car pour le centre de Grenoble, à une dizaine de kilomètres, achetait un couteau et tuait le premier venu dans la rue.

Onde de choc politique. L'événement avait provoqué une onde de choc politique: Nicolas Sarkozy alors président de la République voulait une réforme de la psychiatrie comportant des dispositions sur les malades dangereux, provoquant une bronca des psychiatres. L'hôpital de Saint-Egrève, relaxé en première instance, avait alors bénéficié de crédits pour améliorer son fonctionnement et clôturer son parc.