Arrêts maladies : le syndicat des médecins généralistes dénonce un "procès permanent"

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SANTÉ - Pour Claude Leicher, président du syndicat des médecins généralistes, primer les médecins qui prescrivent des arrêts maladies plus courts induit des conflits d'intérêt.

INTERVIEW

L'initiative ne passe pas auprès des médecins. L'Assurance maladie propose en effet de conditionner leur prime annuelle à leurs pratiques en matière de prescription d'arrêts maladies. Les généralistes qui donneraient à leurs patients des arrêts plus courts toucheraient une prime plus importante. Ce point est discuté en ce moment par l'Assurance maladie et les syndicats, dans le cadre de négociations sur une nouvelle convention médicale quinquennale.

Cinq jours en moyenne pour une grippe. "Cela ne peut pas se faire", s'insurge Claude Leicher, président du syndicat des médecins généralistes MG France, jeudi sur Europe 1. "Cela veut dire que le médecin gagnerait mieux sa vie si les garanties proposées par la loi [aux patients] sont légèrement amputées." Aujourd'hui, l'Assurance maladie donne déjà des durées moyennes d'arrêt de travail en fonction des pathologies, comme cinq jours pour une grippe par exemple. Mais cette durée doit être adaptée par le médecin en fonction de différents critères, notamment la gravité de la maladie et l'état général du patient. "Ceux qui ne jouent pas le jeu, on doit s'en occuper", reconnaît Claude Leicher. "Mais là, c'est le procès permanent."

Marisol Touraine calme le jeu. Pour le président de MG France, une telle initiative induirait "des intérêts contraires entre le patient et le médecin". Le premier chercherait à se remettre sur pied, tandis que le second préférerait toucher une prime plus importante. La ministre de la Santé, Marisol Touraine, a quant à elle tenté de désamorcer la polémique. "Il ne s'agit en aucun cas de dire aux médecins 'vous serez mieux rémunérés si vous prescrivez moins d'arrêts maladie'", a expliqué la ministre sur France Inter, jeudi. Mais bien "de leur dire qu'il serait souhaitable" de tenir "davantage compte" des durées indicatives données par l'Assurance maladie.